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J’ai trouvé un animal abandonné en voyage (et je l’ai ramené chez moi)

Comme beaucoup de voyageurs, mes projets de monter le Machu Picchu à l’été 2020 sont tombés à l’eau, je dirais même qu’ils ont carrément coulé au fond du lac Titicaca lorsque la pandémie prenait de l’ampleur.

Il a fallu se « virer sur un dix cent » et trouver une destination plus locale. Je n’ai pas été très originale en proposant à mon compagnon la Gaspésie, comme la moitié des Québécois l’été dernier. Pour la première fois de ma vie, j’allais faire une croix sur les voyages à l’étranger et devenir une touriste dans ma propre province, et j’adorais ça.

Le jour du départ est arrivé et je partais avec une liste d’activités à faire, un peu trop longue pour le nombre de jours prévus en Gaspésie, mais peu importe! Neuf heures de voiture plus tard, nous arrivions dans le magnifique village de Grande-Vallée. De la route 132, chaque tournant était un nouveau paysage à découvrir, de nouveaux dénivelés dans les montagnes et surtout, des plages longeant le fleuve à perte de vue. Une église au sommet d’une falaise dominait le village de Grande-Vallée où nous allions séjourner quelque temps.

© Marie St-Yves / Nomad Junkies

Jour 1 : En plus de découvrir les environs, j’ai profité des délicieuses cantines sur le bord de la route qui servaient des poutines au homard à se jeter par terre. Premier coucher de soleil gaspésien sur la plage : j’étais comblée. Je me sentais libre comme l’air.

Jour 2 : J’ai proposé à mon copain d’aller faire une randonnée au parc national de la Gaspésie, parce qu’on m’avait dit que c’était un incontournable. La journée s’est merveilleusement bien passée, j’étais toujours sous le charme gaspésien. J’avais le souffle court (pas juste à cause du paysage, mais surtout parce que nous avions entamé notre ascension bien trop rapidement). Comme toujours, nous avions aussi sous-estimé notre soif en randonnée, donc après deux bouteilles vidées, la marche est devenue un peu plus difficile.

© Marie St-Yves / Nomad Junkies

Suite à cette journée ensoleillée, nous avons repris la route vers notre point d’ancrage à Grande-Vallée. En chemin, j’ai aperçu un joli petit phare rouge et blanc sur une pointe : le phare du Cap-de-la-Madeleine. Mon cœur d’enfant a crié à mon copain d’arrêter la voiture pour aller y regarder le coucher de soleil.

En descendant de la voiture, j’ai entendu des petits pas qui me suivaient. Je me suis retournée pour trouver un chaton blondinet accourant pour se frotter contre mes souliers de randonnées, qui devaient d’ailleurs vraiment « sentir le diable ».

Tout en ne cessant de ronronner, le chaton m’a fait les beaux yeux, et a commencé à nous suivre, mon copain et moi, autour du phare. C’était un coup de foudre. Après une quinzaine de minutes à le caresser et à le trouver « donc ben cute », nous avons décidé de demander aux campeurs pas loin s’ils savaient à qui il appartenait.

© Marie St-Yves / Nomad Junkies

« Il a été abandonné ce matin, il quête de la bouffe depuis. Les dames qui travaillent au phare nous l’ont dit. Y’est pas aux gens qui habitent dans le coin. », nous ont expliqué les campeurs.

Après cette confirmation, j’ai regardé mon copain avec des yeux qui voulaient tout dire. Lui, qui aime aussi les chats, m’a lancé : « on l’prend! ».

J’ai essayé de jouer à « l’avocate du diable » en lui rétorquant que notre appartement montréalais n’acceptait pas les animaux. Ce à quoi il m’a répondu : « on va s’arranger ». Et cette réponse faisait amplement mon affaire.

Une fois le chaton ramené à notre logement Airbnb, c’était la course pour lui trouver une litière, de la nourriture et tout l’équipement de base pour qu’il soit confortable. Une épicerie encore ouverte au village nous a sauvés. La pauvre petite bête avait tellement faim qu’elle s’étouffait presque en mangeant. Nous l’avons nommé Gaspard, pour rappeler ses origines gaspésiennes.

© Marie St-Yves / Nomad Junkies

Après deux nuits, nous devions loger à Port-Daniel dans une jolie auberge qui n’acceptait pas les animaux. Nous avons donc fait une heure de route supplémentaire pour trouver une animalerie qui vendait des cages, des laisses (oui, j’ai toujours jugé les gens qui promenaient leurs chats en laisse, mais là, nous n’avions pas vraiment le choix) et qui possédait une garderie féline.

« Est-ce qu’il a ses vaccins? », nous a demandé l’employée de l’animalerie. Personnes honnêtes que nous sommes, nous avons répondu : « on ne sait pas, probablement pas ».

« Il devra donc être mis à part des autres chats, seul, dans une cage », nous a expliqué la dame. Cette décision (pourtant très censée) ne faisait pas notre bonheur.

J’ai décidé de tenter le tout pour le tout. Je me suis dit que puisque la moitié du Québec était en vacances en Gaspésie, il devait bien y avoir quelqu’un qui pouvait garder un chaton pour trois nuits!

© Marie St-Yves / Nomad Junkies

J’ai fait l’annonce sur les réseaux sociaux et en une heure j’avais une réponse. Gros, méga, énorme, coup de chance. Gaspard a donc pu se faire dorloter chez la mère d’une connaissance pendant trois jours. Et nous avons pu profiter du reste de notre voyage. C’était le meilleur des deux mondes.

On a ensuite fait 12 heures de trajet, eu une crevaison et fait quelques arrêts pipi pour le ramener à Montréal. Il a dormi tout le long, couché paisiblement sur la banquette arrière, ou sur mes genoux parfois (j’étais dans le siège passager). On ne pouvait rien lui refuser tellement qu’il était à croquer. Une fois en ville, le rendez-vous chez le vétérinaire nous a confirmé son âge (3 mois et demi) et sa bonne santé.

Depuis, Gaspard (toujours aussi cute) nous rappelle quotidiennement la douce odeur des plages gaspésiennes.

C’est ce qu’on pourrait appeler un summer love, je crois.

Marie St-Yveshttp://www.nomadjunkies.com
Que ce soit en goûtant des plats d’ailleurs ou en sautant en parachute, je plonge tête première dans les cultures des pays visités. Il y a 3 ans, j’ai découvert le voyage backpack en Asie et ce fût le coup de foudre. Depuis, je vis pour les nouvelles expériences et surtout… les paysages à couper le souffle
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