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J’ai été confiné 9 mois à Medellín en Colombie, voici ce qui m’est arrivé…

Autrefois la ville la plus violente au monde, Medellín en Colombie a été bien affectée par la COVID-19 comme la majorité des endroits dans le monde. Des mesures extrêmes ont été mises en place.

Entrevue avec un Québécois qui se rend chaque hiver en Colombie et qui a été témoin de la fermeture complète du pays en temps de pandémie. 

1. Qu’est-ce que tu faisais à l’étranger quand la pandémie a commencé?

C’est ma 4e fois en Colombie. J’y suis allé la première fois il y a environ 2-3 ans parce que j’avais lu que c’était la capitale sud-américaine des digital nomads, des gens qui travaillent à distance. Donc j’étais curieux d’aller voir.

Je suis vraiment tombé en amour avec la culture. Je me suis mis à danser la salsa bachata là-bas, j’ai rencontré ma copine (ça va faire un an et demi qu’on est ensemble)… C’est rendu comme une deuxième maison pour moi.

Cette année, je suis arrivé en janvier et je prévoyais rester quatre mois maximum. Quand la pandémie a commencé en mars, personne ne pensait que ça allait venir en Colombie.

Je me croyais chanceux d’être ici parce qu’il n’y avait pas de cas. Mais du jour au lendemain, ils ont tout fermé.

2. Quel genre de mesures ont été mises en place pour contrer la pandémie?

Au début, on a été en lockdown complet pendant plusieurs mois. Genre mars, avril et mai.

On ne pouvait pas du tout sortir de l’appartement, même pas pour aller prendre une marche.

Après, ils ont commencé à rouvrir avec une technique qui s’appelle « pico y cédula ». La cédula, c’est la carte de citoyenneté des Colombiens. Ils utilisent le dernier numéro de ta carte pour contrôler tes sorties.

Durant le peak de la quarantaine, on pouvait sortir seulement une fois par semaine.

Puis, vers juin et juillet, c’est devenu à tous les deux jours. On a commencé à reprendre un peu plus notre liberté en septembre.

Sinon, il y a une application mobile en Colombie qui s’appelle Rappi. C’est un service de livraison en bicyclette et en moto. Tu peux tout faire avec ça : leur faire faire tes courses au supermarché, envoyer un Rappi chez ton ami si t’as oublié tes clés, etc. Pendant le confinement, y’a à peu près juste les Rappi qui pouvaient être dans les rues.

3. As-tu pensé revenir au Canada à cause de la COVID?

Je ne pouvais pas revenir, en fait. L’aéroport a été complètement fermé de mars à septembre.

Il y a eu deux vols humanitaires pour le Canada, mais il fallait s’enregistrer sur une liste et trois heures plus tard, c’était sold out. Et les vols étaient assez chers, genre 1200 $ CAD, alors que normalement un aller simple coûte environ 300 $.

Éventuellement, quand ils ont annoncé que l’aéroport allait rouvrir en septembre, j’ai acheté un billet pour le 5 septembre, mais mon vol a été annulé parce qu’ils ont seulement rouvert le 21 finalement.

4. Comment tes proches ont réagi à ta situation?

Je trouve qu’il y a un peu un clash des générations. Les baby-boomers écoutent beaucoup les nouvelles, où je trouve que l’information est beaucoup poussée vers la peur. Donc mes parents ont l’impression que je suis dans une situation chaotique en Colombie, que les gens vont descendre dans les rues et s’entretuer alors que la réalité, c’est pas du tout ça.

Même chose quand je leur ai dit que j’allais au Mexique : ils n’en revenaient pas que je voyage tranquillement comme si de rien n’était.

Ça va faire 11 mois que j’ai pas vu ma famille, ce qui est ma plus longue période à l’extérieur du Canada depuis que j’ai commencé à voyager. Mais j’appelle mes parents et mon frère au moins une fois par semaine. On utilise le pouvoir de Zoom!

5. Remarques-tu des changements au niveau du tourisme?

Il y a zéro touriste en Colombie. Les seuls étrangers que je vois, c’est les expats.

J’ai un ami qui a une auberge qui a gagné « Meilleure auberge en Amérique du Sud », c’est vraiment une des meilleures auberges à Medellin. Ils ont vraiment eu de la misère. Ils se sont transformés en co-living pour survivre, mais même là, c’est pas facile.

Au moins, il y a un mois, le gouvernement a décidé d’enlever le test COVID obligatoire pour les étrangers qui arrivent au pays. Je pense que c’est une initiative pour essayer de relancer le tourisme

À consulter :  COVID-19 : Pays ouverts/fermés aux Québécois (et Canadiens) pour voyager

6. Recommanderais-tu aux voyageurs de venir en Colombie présentement?

Ça dépend quel style de voyageur tu es. J’ai rencontré des amis il y a un mois ou deux qui sont des backpackers purs et durs. Ils sont venus en Colombie au moment où le pays rouvrait les aéroports. Ils se sont super bien adaptés et ils vivent les plus beaux moments de leur vie présentement!

Parce qu’en Colombie le coût de la vie est trois fois moins cher, t’as accès à des fruits et légumes bio, t’as la culture latine qui est super amicale, la température est parfaite… Surtout en ce moment, quand il commence à faire froid au Canada, y’a beaucoup de jeunes qui sont très heureux de faire le move.

Mais j’irais pas dire à mes parents de venir en Colombie en ce moment, c’est sûr. Il y a beaucoup de choses encore fermées, c’est pas idéal pour ceux qui ne sont pas habitués à sortir des resorts et des hôtels.

Donc pour le backpack, oui. Pour le tourisme, non.

7. Comment évaluerais-tu la gestion de la pandémie où tu te trouves?

J’ai entendu dire qu’on était un des pays les plus sévères en matière de confinement.

C’était vraiment extrême. Imagine l’impact sur ta santé mentale quand tu ne peux pas sortir de ta maison pendant 4-5 mois…

Pour les gens qui n’ont jamais travaillé à la maison et qui n’ont jamais été par eux-mêmes isolés sur de longues périodes, ç’a été dur pour eux, c’est certain. Il y a eu beaucoup d’enjeux de santé mentale, plusieurs cas de suicides…

Je pense que la raison pour laquelle ils ont imposé ces mesures-là, c’est que dans les pueblos, les gens n’écoutent pas beaucoup les consignes. Donc ils n’avaient pas le choix d’aller dans les extrêmes et de mettre l’armée dans la rue, sinon les gens auraient continué à faire le party tout le temps.

8. Qu’est-ce qui a été le plus marquant pour toi depuis le début de la pandémie?

En repensant à mon année, je dirais que je suis vraiment reconnaissant de ma liberté. C’est quelque chose qu’on a tendance à prendre pour acquis, mais quand tu vis un lockdown comme ça, t’es vraiment reconnaissant de ta liberté et t’essaies d’en profiter au maximum. C’est ça que j’essaie de faire en ce moment.

9. Finalement, qu’est-ce qu’on te souhaite pour la suite?

Mon objectif dans les deux prochaines années, qui d’après moi vont continuer à imposer des restrictions sur notre liberté, ça va être d’essayer de bouger dans les pays où je vais avoir accès à cette liberté-là.

En plus d’être un avide voyageur et un digital nomad convaincu, JF Brou écrit aussi des livres. Tu peux télécharger gratuitement son dernier livre Become Your Best Version

Emilie Robichaud
Emilie Robichaud
Je suis accro au mode de vie nomade! J’ai quitté ma zone de confort pour voyager à temps plein. Mon tour du monde sans fin compte plus de 71 pays et ça continue! Le voyage, c'est un style de vie et un état d'esprit!
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