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Entrevue inspirante avec une Québécoise en Nouvelle-Zélande (où la vie a déjà repris son cours normal)

Ça peut parfois être difficile de s’imaginer que la crise sanitaire actuelle aura un jour une fin. Mais en Nouvelle-Zélande, où on ne dénombre que 2000 cas et 25 décès au total, la vie a déjà repris son cours normal.

Entrevue avec Sandrine Martineau-Pelletier, qui nous donne un avant-goût de ce dont aura l’air l’après-COVID.

Québécoise Nouvelle Zélande

Qu’est-ce que tu faisais à l’étranger quand la pandémie a commencé?

« Je suis arrivée en Nouvelle-Zélande en septembre 2019. En fait, je suis ici à cause d’Émilie, une des fondatrices de Nomad Junkies! Elle avait donné une conférence sur les PVT (permis vacances-travail) que j’ai écoutée en ligne, avec beaucoup de photos de la Nouvelle-Zélande. Je me souviens de m’être dit :

C’est décidé, je m’en vais en Nouvelle-Zélande!

Ce qui m’a attirée là-bas, c’est avant tout la nature : les montagnes, la verdure, les grands lacs… L’eau est tellement bleue, t’as jamais vu du bleu comme ça. Même en personne, ça a l’air photoshoppé!

Pendant ma première année ici, je suis restée dans l’île du Nord où j’ai été guide touristique à Hobbiton (les studios de tournage du Seigneur des anneaux). C’était incroyable!

Présentement, j’habite à Queenstown, sur l’île du Sud, où je vends de la crème glacée et des chocolats! En fait, je dis au monde que je vends de la joie. »

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C’est quoi la situation de la COVID-19 où tu te trouves présentement?

« Je pense que j’ai choisi le meilleur pays où rester pendant une pandémie! Ici, c’est la vie normale. Je vais à des party, tous les bars sont ouverts, on peut faire la fiesta jusqu’à 4h du matin…

J’ai même fait un marathon il y a deux semaines. Il y avait 10 000 personnes. À la même place. Pas de distanciation sociale, pas de masque…

On est le seul pays dans le monde qui peut faire ça en ce moment.

Je pense que c’est le seul marathon qui a eu lieu cette année. »

Quel genre de mesures ont été mises en place pour contrer la pandémie?

« Ça fonctionnait avec quatre niveaux :

  • Niveau 1, c’est juste d’être alerte et de faire attention.
  • Niveau 2, c’est les mesures de distanciation et certaines choses commencent à fermer.
  • Niveau 3, c’est le confinement. Tu restes chez toi le plus possible, mais il y a quand même des choses comme la restauration et le take-out qui restent ouverts.
  • Niveau 4, tout est fermé (sauf les épiceries et la pharmacie) et tu restes chez vous. Ils ont même barré les routes. Si tu sortais, les policiers t’accostaient pour savoir où tu allais et si tu avais une raison légitime d’y aller. »

As-tu pensé revenir au Canada à cause de la COVID-19?

« Quand le lockdown a été mis en place, c’était la panique pour retourner au Canada. 80% des vols internationaux avaient été annulés. Donc j’ai dû faire un choix : essayer de retourner chez nous ou me débrouiller en restant ici. Il y avait encore tellement de choses que je voulais faire, que j’arrivais pas à me convaincre qu’il fallait déjà que je retourne au Québec.

À ce moment-là, j’étais hébergée par la famille d’une amie qui retournait chez elle à Londres. Je ne voulais pas devenir l’intrus, donc il fallait que je me trouve une autre place où vivre si je voulais rester en Nouvelle-Zélande.

J’ai été chanceuse parce qu’au tout début de mon voyage, dans l’avion, j’ai rencontré une madame super gentille de genre 65 ans. On est devenues amies. Quand le lockdown a été annoncé, elle m’a envoyé un texto qui disait : « Salut! Je pensais à toi, es-tu toujours en Nouvelle-Zélande? Si t’as pas de place où rester, tu peux venir chez nous. » Elle a été vraiment généreuse, vraiment gentille. C’est grâce à elle que j’ai pu rester ici. »

Comment tes proches ont-ils réagi à ta décision?

« C’est sûr que ma petite maman, elle a trouvé ça dur… Tsé, quand il y a une pandémie, que ta petite fille est à l’autre bout de la planète et qu’elle dit qu’elle veut rester là-bas, tu lui dis « Non, viens-t’en à la maison! »

Mais quand t’es en voyage, t’as toujours un instinct, faut que tu suives ton guts. Alors j’ai dit à ma mère que mon guts me disait de rester ici. Elle a fini par comprendre. Aujourd’hui, avec le recul, on peut dire que c’était de loin la meilleure décision! »

Remarques-tu des changements au niveau du tourisme?

« C’est sûr qu’avec les aéroports fermés, tout est vraiment sur pause à ce niveau-là. Par contre, les vols internes sont encore permis, donc les touristes, ce sont essentiellement des Néo-Zélandais qui passent d’une île à l’autre.

D’ailleurs, le gouvernement essaie vraiment d’encourager le tourisme local. Je vois beaucoup de pub pour ça sur les réseaux sociaux, pour que les Kiwis découvrent leur cour arrière. »

Recommanderais-tu aux gens de venir en Nouvelle-Zélande présentement?

« D’ordinaire, je le recommanderais fortement! Pour le moment, c’est évidemment impossible, tu me reposeras la question dans un an ou deux. »

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Comment évaluerais-tu la gestion de la pandémie où tu te trouves?

« Ça s’est vraiment super bien passé, les autorités ont été super minutieuses et efficaces.

Il y a eu une mini deuxième vague il y a environ deux mois. Quatre ou cinq personnes ont eu le virus à Auckland, faisant 5 cas quotidiens, donc ils ont juste remis la ville en niveau 3. Personne en ville n’avait le droit de sortir. Ça a duré environ deux semaines, puis ils ont été en niveau 2 pendant un mois, et là, tout est revenu à la normale.

En général, les Néo-Zélandais ont bien vécu la crise. Je pense qu’ils avaient peur, donc ils écoutaient bien les consignes du gouvernement. Par contre, j’ai parlé à un propriétaire d’auberge de jeunesse qui trouvait que le gouvernement n’en faisait pas assez pour les petites entreprises…

Mais autrement, je pense que tout le monde sur la planète trouve que le gouvernement néo-zélandais a fait une bonne job. La population ici a l’air vraiment fière de ça. Et je pense que ça a paru aux élections : Jacinda Ardern a été réélue haut la main. Je pense que ça a fait d’elle la première ministre la plus appréciée de l’histoire du pays. »

Qu’est-ce qui a été le plus marquant pour toi depuis le début de la pandémie?

« Je dirais le décalage avec le reste du monde. À quel point on a une vie normale ici pendant que le reste du monde ne peut pas se le permettre. Je parle avec mes amis au Québec et ils me disent « Tu ne reconnaîtrais pas Montréal. » Et on dirait que dans ma tête, j’ai de la misère à me l’imaginer parce que je ne le vis pas.

Je le remarque beaucoup aussi quand je mets des photos sur les réseaux sociaux et que le monde commente que je ne respecte pas la distanciation sociale, alors qu’il n’y en a pas ici…

Je veux en profiter le plus possible et tout faire ce que j’ai envie de faire avant de revenir au Québec. »

Finalement, qu’est-ce qu’on te souhaite pour la suite?

« Juste revoir ma mère et ma famille, ça serait le fun!

Sinon, je me souhaite de bien m’acclimater à mon retour à la normale du Québec quand je vais revenir vers juin. C’est peut-être un peu selfish de ma part, considérant que tout le monde au Québec et au Canada vit ça depuis des mois. Mais je me souhaite quand même de bien m’acclimater parce que le blues de voyage risque de frapper plus fort qu’il ne l’aurait fait en temps normal. »

À consulter :  COVID-19 : Pays ouverts/fermés aux Québécois (et Canadiens) pour voyager

Safia Dodardhttps://www.nomadjunkies.com
Je voyage parce que je suis accro au mode de vie nomade . J'ai quitté mon emploi en agence de pub pour explorer le monde, d'abord en backpack et maintenant avec le cirque. Rejoins notre communauté de nomades sur Facebook, Twitter et Instagram.
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1 COMMENTAIRE

  1. WOW, vraiment pool comme compte rendu de ton voyage.
    Ça donne le goût de partir en NZ.
    Tu passes pour chanceuse, mais comme tu le sais, tu as créé ta chance.
    Bravo ma fille, et lâche pas, vis à plein à chaque minute.

    JS, ton papounet qui t’aime.
    Xxxxxxx

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