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Elle a trouvé l’amour sur Tinder Passport… pendant la COVID-19

Pour la première fois depuis longtemps, Ebonie n’avait aucun voyage à son horaire dans un avenir rapproché. Puis elle s’est inscrite à Tinder Passport et ça a cliqué avec un bel Anglais. Quelques mois plus tard, ils étaient en road trip en Grèce en pleine pandémie.

Entrevue avec une Québécoise qui a trouvé l’amour à distance au temps du COVID-19.

Photo : @eb_finley

1. Où étais-tu quand la pandémie a commencé?

À Montréal! Je revenais de passer un an dans l’Ouest canadien.

Photo : @eb_finley

Au début du confinement, Tinder a décidé d’offrir la fonction Passport gratuitement, un peu pour contrer la solitude. Je me suis inscrite et c’est comme ça que j’ai rencontré mon chum.

Au début, on s’était donné trois mois pour voir où ça pouvait aller. La complicité était évidente, on a rapidement développé une belle amitié. Puis j’ai réalisé que la COVID-19 allait durer encore plusieurs mois, je me demandais si j’avais vraiment envie de m’investir à long terme là-dedans. Je pense qu’il a vu qu’il risquait peut-être de me perdre parce que c’est lui qui a dit « Ok parfait, on va se rencontrer. »

Ça nous a pris un autre deux mois pour planifier le voyage avant qu’on puisse se rencontrer, à cause des différentes restrictions gouvernementales et des difficultés de voyager en ce moment. Bref, il s’est passé cinq mois avant qu’on puisse faire notre voyage en Grèce.

Photo : @eb_finley

2. Pourquoi as-tu décidé de voyager malgré les recommandations du gouvernement?

C’est arrivé comme une belle surprise. J’avais aucun voyage de prévu à mon retour de l’Ouest et je pense que s’il n’y avait pas eu une connexion aussi forte, je ne l’aurais pas fait.

Photo : @eb_finley

Faut dire que mon copain aussi est un grand voyageur. Il a habité trois ans en Nouvelle-Zélande, deux ans en Australie, trois ans en Asie… Donc la possibilité de connecter et de voyager avec quelqu’un qui a autant d’expérience, c’était vraiment une belle opportunité.

C’était pas une question d’ « appel du voyage », mais plutôt d’ « appel de l’amour ».

Pour moi, c’est plus fort que toutes les recommandations du gouvernement. Je sais que c’était pas recommandé, et j’ai pris toutes les précautions nécessaires, mais pour moi, l’amour, c’est la raison d’être de l’humain. Donc ça primait sur un virus.

3. Comment tes proches ont réagi à ta décision?

C’était très partagé. Ma mère, c’est ma fan #1. Je pense que c’est quelqu’un qui me comprend infiniment bien. Elle a tout de suite compris pourquoi je voulais faire ça.

Photo : @eb_finley

Par contre, je crois que mes frères prennent la situation de la COVID-19 un peu plus au sérieux. Pas que je ne prenne pas ça au sérieux, mais je trouve que c’est un peu… du sensationnalisme? Ils ont fini par me soutenir là-dedans, même si je ne crois pas qu’ils auraient fait la même chose dans ma situation.

Cela dit, je suis partie, mais je ne l’ai pas crié sur tous les toits. Je n’ai rien mis sur les réseaux sociaux. C’est la première fois que je fais un voyage « privé ». Il n’a pas existé en ligne.

4. Comment as-tu choisi ta destination?

Ça prenait une destination « COVID-19 friendly », où on pouvait aller les deux et qui n’obligerait pas mon chum à faire un confinement en revenant. Parce que lui, c’est pas un digital nomad, il travaille dans un bureau, donc c’était important qu’il puisse retourner travailler rapidement après.

Photo : @eb_finley

La Grèce était ouverte aux Canadiens, en autant que tu fournisses un test de COVID-19 négatif de moins de 48h. Pour mon chum, il y avait ce qu’ils appellent un « safe corridor » entre les pays européens et le Royaume-Uni, donc il n’avait pas besoin du test.

Aussi, c’est une destination que tous les deux, on n’avait pas encore faite. C’est pas trop cher, ça mêle les aspects aventure et culture.

On a aussi pensé à l’Espagne et au Portugal, mais la situation aux frontières changeait presque chaque jour dans les nouvelles. La Grèce est l’un des seuls pays où c’est vraiment resté stable pendant deux mois. Ça nous semblait être le choix le moins risqué.

5. Est-ce que la préparation a été différente à cause de la COVID-19?

Pas du tout. Encore une fois, ça m’a prouvé que ce qui était montré dans les médias, c’était un peu du sensationnalisme. Ni lui ni moi n’avons attrapé la COVID-19, on ne s’est jamais sentis en danger. Ça n’a aucunement modifié ou changé comment on a vécu notre voyage.

Photo : @eb_finley

Même qu’une fois en Grèce, on a oublié à plusieurs reprises qu’il y avait une pandémie mondiale.

6. Comment se sont passés tes déplacements jusqu’à ta destination? Et ton arrivée?

En ce qui concerne les aéroports, c’était assez smooth. Mais je dois dire que j’ai été un peu insultée pour le test de COVID-19. Ça coûte quand même 300$ CAN (190€ EUR) pour l’avoir et mon papier ne m’a jamais été demandé une fois rendu en Grèce. Par contre, ils prennent souvent ta température et tu dois porter un masque, sauf quand ils te servent à boire ou à manger.

Photo : @eb_finley

Sinon, une fois sur place, on a décidé de faire un road trip parce que c’était une belle opportunité d’apprendre à se connaître, de voir plein de paysages différents et de parler en masse dans l’auto. Donc on a opté pour ça plutôt que le island hopping en avion.

7. Penses-tu que ton expérience là-bas a été différente à cause de la pandémie?

Pas vraiment. C’est sûr qu’il y avait beaucoup moins de touristes, mais tous les commerces étaient ouverts, les restaurants aussi. On ne s’est jamais présentés à un endroit qui était fermé à cause de la COVID-19. On a pu faire toutes les activités qu’on voulait.

Dans les rues, personne n’avait de masque, c’était pas la folie furieuse. Tellement, qu’on a vraiment oublié qu’il y avait une pandémie.

Photo : @eb_finley

Y’a pas un hôtel qui n’était pas disponible, c’était vraiment comme voyager normalement.

8. Recommanderais-tu aux gens de faire comme toi et de voyager pendant la pandémie?

Non. C’était un choix personnel, je l’ai fait, je m’assume, mais je ne suis pas en train de dire aux gens « Allez-y, voyagez! Y’a moins de monde, ça coûte moins cher… »

 

Photo : @eb_finley

Je suis quand même consciente qu’on est dans une période assez spéciale et que c’est probablement pas le bon moment pour voyager.

Dans mon cas, je ne pouvais pas passer à côté de l’opportunité. Je l’ai fait au nom de l’amour et effectivement, c’était plaisant de profiter de la Grèce sans la horde de touristes qu’on aurait vue normalement. Mais c’était un cas particulier.

9. Qu’est-ce qui a été le plus marquant de ton voyage pour toi?

D’avoir fait un voyage pendant une pandémie mondiale! Combien de gens peuvent dire ça? C’est sûr que ça va m’avoir marqué, ça sort du lot. Encore une fois, je ne le recommande pas, mais câline, je suis allée en Grèce pendant une pandémie!

Sinon, c’est d’avoir eu l’impression de voyager avec mon meilleur ami alors qu’on ne se connaissait même pas. Se claquer un road trip en Grèce avec un inconnu pendant deux semaines, 24h sur 24, 7 jours sur 7 et ne jamais se chicaner, et même trouver l’amour, je ne croyais pas vivre ça un jour.

Photo : @eb_finley

Je trouve ça particulier, il faut vraiment du guts pour faire ça. Avec le recul, je me trouve complètement cinglée, mais je ne regrette pas. Je suis vraiment contente de l’avoir fait. Le futur nous dira si ça aura été une bonne idée ou pas!

10. Finalement, qu’est-ce qu’on te souhaite pour la suite?

Évidemment, je me souhaite que ça soit le bon! Surtout qu’il s’en vient à Montréal à la fin décembre. On déménage ensemble, on a notre appart et tout. J’espère qu’il n’est pas en train de tout quitter en Angleterre et qu’on se laisse six mois plus tard.

Photo : @eb_finley

Donc, je me souhaite tout simplement que ce soit enfin l’amour, quelqu’un avec qui partager mes voyages et mon mode de vie until the end of time.

Et j’espère que j’aurais inspiré les gens à regarder un peu plus loin que le bout de leur nez. L’amour ne se limite pas à 50 km autour de chez toi, ça peut se trouver partout dans le monde. COVID, pas COVID, ça vaut la peine d’élargir ses horizons!

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Safia Dodardhttps://www.nomadjunkies.com
Je voyage parce que je suis accro au mode de vie nomade . J'ai quitté mon emploi en agence de pub pour explorer le monde, d'abord en backpack et maintenant avec le cirque. Rejoins notre communauté de nomades sur Facebook, Twitter et Instagram.
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