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COVID-19 : Cette hôtesse de l’air te raconte pourquoi elle a décidé de rester en République dominicaine

L’aviation est l’un des milieux qui ont été le plus affectés par la COVID-19. Parles-en à Elizabeth Landry, qui est hôtesse de l’air depuis 13 ans. Ayant perdu son emploi indéfiniment, la créatrice du blogue L’Hôtesse de l’air et autrice de trois romans en a profité pour déposer ses valises à Cabarete, en République dominicaine.

1. Qu’est-ce que tu faisais à l’étranger quand la pandémie a commencé?

« Ça fait deux ans que je suis ici à Cabarete. Avant, j’étais basée à Montréal, mais j’ai jamais vraiment eu l’impression de me sentir chez moi nulle part. J’entendais souvent parler de Cabarete, j’ai donc fini par venir voir. Je suis restée un mois et je me suis dit «Wow, je pourrais vraiment vivre ici entre mes vols!». C’est une ville où c’est facile de s’intégrer à la communauté. Y’a beaucoup d’expats, donc tu peux rapidement te faire des amis.

Élizabeth Landry

Éventuellement, j’ai rencontré mon copain qui habite à Cabarete. Évidemment, ça a fait en sorte que je vienne plus souvent entre mes vols. Mais je pense que même sans mon chum, je continuerais à venir ici.

[blockquote author=””]Pour la première fois de ma vie, je me sens vraiment chez moi. Maintenant, quand je voyage, c’est ici que j’ai le goût de revenir. Ça, ça ne m’était jamais arrivé avant.[/blockquote]

Quand la pandémie est arrivée, je voulais absolument me sauver du Québec, sinon je savais que j’allais rester pognée. Surtout que j’ai déménagé plein d’affaires en République dominicaine au fil des années, donc tranquillement, c’est devenu ma maison. »

2. C’est quoi la situation de la COVID où tu te trouves présentement?

« Il faudrait regarder les statistiques officielles… Mais selon ce que je vois autour de moi, le nombre de cas ne doit pas augmenter parce qu’on est vraiment libre. S’il y a une place où vivre présentement, je dirais que c’est ici. »

(NDLR : La République dominicaine connait une baisse du nombre de cas depuis le mois de juillet 2020. Le pays enregistre en moyenne plus de 700 nouveaux cas de COVID-19 par jour dans les 20 derniers jours.)

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3. Quel genre de mesures ont été mises en place pour contrer la pandémie?

« Quand la pandémie a commencé, tout a été arrêté pendant un mois ou deux. Le gouvernement a fermé tous les restos, les hôtels… Y’a juste les supermarchés qui restaient ouverts. Le masque était obligatoire et on n’avait pas le droit de sortir, un peu comme au Québec. 

[blockquote author=””]Chaque mois, les mesures sanitaires étaient prolongées d’un mois de plus. Les gens ici ont vraiment suivi les règles à la lettre.[/blockquote]

Finalement, ils ont commencé à rouvrir les commerces tranquillement. On avait par contre un couvre-feu à 19h la semaine et 17h la fin de semaine. On vient de changer ça pour 21h et 19h, mais on dirait que je me suis tellement habituée au premier couvre-feu qu’à 20h30, je suis couchée de toute façon!

Et si on sort après le couvre-feu, ça se peut qu’on se fasse arrêter. C’est toujours un peu comme ça ici : si tu fais quelque chose de pas correct, ils t’amènent en prison et ils te laissent là pour la nuit, mais le lendemain, t’es libre. Comme s’ils t’envoyaient réfléchir dans ta chambre!

EncuentroSinon, les règles sont assez lousses. La distanciation sociale n’est pas vraiment respectée, mais par contre, les gens portent le masque dans les magasins et à l’épicerie. Bref, oui, la COVID existe encore, mais ça doit avoir baissé parce que ça se relâche de plus en plus. »

4. As-tu pensé revenir au Canada à cause de la COVID?

« Quand je suis partie, je ne pensais jamais que ça allait être si pire. Je m’étais dit que je reviendrais dans un mois ou, au plus tard, en mai pour recommencer à travailler pour la saison d’été. Mais de toute façon, c’est rendu ici ma maison. Je suis installée, je me sens chez nous. »

5. Comment tes proches ont réagi à ta décision?

« Ma mère m’a dit “Reviens pas, tu seras pas heureuse ici!” Elle voyait que j’étais vraiment bien depuis que j’étais à Cabarete. Elle me connaît, je suis toujours partie. Si j’ai un métier qui me fait voyager, c’est parce que j’aime ça être en mouvement. »

[blockquote author=””]Je parle à ma mère assez souvent sur Face Time. Avec les médias d’aujourd’hui, on n’a jamais vraiment l’impression d’être déconnecté de personne.[/blockquote]

6. Remarques-tu des changements au niveau du tourisme?

«C’est sûr qu’il y a moins de touristes que d’habitude, mais ça commence tranquillement à revenir. Cette semaine, j’ai vu des Québécois qui font du télétravail, qui ont demandé à leur employeur s’ils pouvaient partir deux mois. Si la job peut se faire à distance, pourquoi pas! C’est une nouvelle sorte de touristes, j’ai l’impression.

Mais tranquillement, je pense que les vrais touristes commencent à revenir. C’est sûr qu’avec l’hiver et Noël qui s’en viennent, il va arriver beaucoup de monde ici. »

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7. Recommanderais-tu aux gens de venir dans ton coin présentement?

« Absolument! Je recommande vraiment aux gens de voyager. Tout est en train de rouvrir. Si les gens ont l’argent et le temps pour faire la quarantaine en revenant, y’a vraiment aucune raison de ne pas venir en République dominicaine. Pour toutes les personnes qui sont tannées, c’est une façon de regoûter un peu à la vie normale. À part le masque et le couvre-feu, c’est pas mal comme avant.

Je pense qu’il n’y a même pas de mesures particulières à l’aéroport en dehors du masque. Ils testent aléatoirement des personnes à l’arrivée, mais c’est pas mal tout. »

8. Comment évaluerais-tu la gestion de la pandémie où tu te trouves?

« J’ai trouvé qu’ils avaient bien fait ça, justement parce qu’ils ont tout fermé. C’est peut-être pour ça que la COVID-19 a été moins intense ici. Le fait qu’on soit dans un pays chaud et que les gens soient beaucoup à l’extérieur, ça a aussi aidé.

Règle générale, les gens ont vraiment respecté les directives, ils ont été dociles. Même que ça m’a surpris des Dominicains. Ici, la police ne niaise pas avec la puck. Les gens n’ont donc pas eu le choix de suivre les règles parce qu’ils avaient peur de se faire embarquer. »

9. Qu’est-ce qui a été le plus marquant pour toi depuis le début de la pandémie?

« Le changement complet de vie. J’ai perdu ma job, peut-être à jamais, ce qui est vraiment difficile à accepter. On ne voit vraiment pas le bout, on n’a aucune idée quand l’aviation va pouvoir reprendre à un rythme à peu près normal. Ça pourrait être dans 2-3 ans ou peut-être même jamais. »

10. Finalement, qu’est-ce qu’on te souhaite pour la suite?

« Que les gens se remettent à voyager! J’aimerais que des mesures sanitaires soient mises en place rapidement pour faciliter la vie aux voyageurs qui ont le goût de partir, parce qu’il y en a beaucoup. Tant que les mesures ne sont pas assouplies, les gens vont continuer à rester chez eux et ça va tuer l’aviation.

Sinon, à plus court terme, j’aimerais ça trouver un projet le fun en République. Peut-être développer quelque chose ici dans le tourisme. Parce que j’ai pas l’intention de revenir vivre au Québec. Donc je regarde tout ça, je suis en mode observation! »

Suis les aventures d’Elizabeth sur son blogue, dévore ses romans et magasine ses trouvailles sur sa boutique.

À consulter :  COVID-19 : Pays ouverts/fermés aux Québécois (et Canadiens) pour voyager

Emilie Robichaud
Emilie Robichaud
Je suis accro au mode de vie nomade! J’ai quitté ma zone de confort pour voyager à temps plein. Mon tour du monde sans fin compte plus de 71 pays et ça continue! Le voyage, c'est un style de vie et un état d'esprit!
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