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Comment se trouver un job de cueilleur de cerises au B.C. selon un habitué

On a tous déjà entendu l’histoire d’un ami qui est parti dans l’Okanagan faire du fruit picking et qui n’est jamais revenu au Québec. Si c’est un projet qui te trotte dans la tête, on a trouvé un vieux de la vieille pour répondre à toutes tes interrogations. Vibes californiennes et faire la palette, c’est presque trop beau pour être vrai!

Depuis la pandémie, les fermes ont plus que besoin de ton aide. Vu que les travailleurs étrangers ne peuvent pratiquement pas venir picker au Canada, les fermiers se retrouvent en pénurie de main-d’œuvre. Jonatan Veilleux, âgé de 33 ans, un cueilleur professionnel depuis déjà 18 ans, répond à toutes les questions que tu pourrais te poser. Voici à quoi t’attendre si tu décides de travailler comme cueilleur de fruits :

Parle-nous de ton parcours en tant que cueilleur, t’as l’air d’être un habitué.

© Jonatan Veilleux / Nomad Junkies

Il y a 18 ans, je suis parti rejoindre un cousin qui était dans l’Okanagan depuis déjà un bout de temps. En finissant le secondaire, je ne savais pas trop quoi faire. Mon cousin m’a dit : « Pourquoi tu viens pas dans la vallée cueillir des cerises? » J’ai vendu mon scooter 2000$ et je me suis booké un vol. Une fois arrivé ici, il me restait seulement 500$ dans mes poches. La première année, je n’ai pas pu cueillir de cerises parce qu’il y avait eu un gel. J’ai donc cueilli des tomates pendant deux mois. J’ai été chanceux, des habitués m’ont pris sous leur aile. C’est ma 18e saison cette année! J’ai cueilli aussi en Australie et en Tazmanie, j’en ai fait une carrière. Maintenant, j’ai des gens qui travaillent pour moi.

Quels conseils donnerais-tu au rookie cueilleur qui veut aller dans l’Ouest cueillir des fruits et qui ne sait pas par où commencer?

C’est ça l’aventure! Je dirais deux choses.

  1. Premièrement, appelle-moi! (haha!) Tu peux me rejoindre sur Instagram ici ou mon Facebook.

On a vraiment besoin de monde. Il y a beaucoup de fermes, beaucoup de job. Chaque année, il manque de plus en plus de cueilleurs.

2. Deuxièmement, pointe-toi!

Fais un peu de recherches sur internet et viens-t’en!

Tu vas tomber en amour. Il fait tellement beau et chaud. Il pleut presque jamais. Les paysages sont incroyables. Tu vis dans ta tente dans les vergers. C’est un peu rough, ça va te faire sortir de ta zone de confort. Cette année, il y a beaucoup de nouveaux âgés dans la début-vingtaine. C’est des gens de la ville, mais ils trippent au boute. Ils sont contents et ils travaillent fort. Après deux semaines de travail, je vois déjà à quel point ils ont évolué. Je te dis : vas-y, pack ton sac et amène pas trop d’affaires! (haha!) Personnellement, je donne la chance aux nouveaux, je sais que c’est pas évident quand on se cherche un job. C’est l’fun avoir des gens qui peuvent nous aider à se trouver un emploi, je suis là pour ça. C’est pas si difficile, mais quand t’es pas habitué, ça te sort définitivement de ta zone de confort.

C’est fait pour qui la cueillette de fruits?

© Jonatan Veilleux / Nomad Junkies

C’est fait pour les gens qui ne veulent pas travailler durant l’année et qui veulent voyager ou aller dans le sud durant l’hiver. C’est pour ceux qui recherchent le freedom. Tu ne dépenses pas d’argent et tu travailles chaque jour. Évidemment, tu prends une ou deux journées de repos quand tu sens que ton corps en a besoin. Théoriquement, tu travailles de 5h le matin jusqu’à midi et tu as ensuite le reste de ta journée pour aller à la plage. Je le recommande à tout le monde. Même ceux qui travaillent dans les bureaux et les restaurants. Il faut vouloir travailler fort et avoir du coeur au ventre, mais ça s’apprend. Quand j’ai commencé, j’étais travaillant, mais je n’avais aucune idée de comment faire. Il faut juste se donner la chance d’apprendre. La première saison ne sera pas nécessairement la plus payante, mais tu vas être en mesure de voir si tu aimes ça et tu vas rencontrer des voyageurs incroyables. Tu vas peut-être même te faire un chum ou une blonde, qui sait?

Si tu veux risquer de tomber en amour avec l’Okanagan, voici un itinéraire pour ta première fois dans la vallée.

On entend deux histoires : soit on fait la palette, soit on revient pauvre… à quoi peut-on s’attendre money-wise?

© Jonatan Veilleux / Nomad Junkies

Ça dépend de beaucoup de choses : de toi, de la saison, s’il y a eu un gel au printemps, etc. S’il y a beaucoup de cerises, c’est possible pour toi de faire beaucoup d’argent. Même si tu as quitté ton job à 30-40$/heure et que tu fais 15$/heure la première semaine, tu vas faire de plus en plus d’argent. Il faut juste se donner la chance. Certaines personnes qui commencent font 70$/jour les premières journées, ensuite, ça augmente à 140$/jour. Pour certaines variétés de cerises, tu feras peut-être même 200$/jour. Mes meilleurs font entre 600-700$/par jour! Il faut travailler et ne pas avoir peur des bébittes. Après une semaine, tu peux réellement savoir si c’est pour toi ou non. Il y a aussi une certaine compétition qui s’installe entre les cueilleurs. Ça motive les gens. C’est cool de voir les gens s’améliorer. Personnellement, je les encourage et je leur donne des trucs. Je suis vieux, j’en suis à ma 18e saison, je sais exactement où placer l’échelle!

Qu’est-ce qui fait en sorte que tu reviens dans l’Okanagan pour cueillir année après année depuis 18 ans maintenant?

Lorsque j’ai terminé le secondaire, j’ai essayé d’aller au cégep et j’ai réalisé que je ne suis pas book smart. J’avais de la difficulté à rester assis et à écouter. Je suis plutôt street smartJe suis ambitieux, j’aime me partir des compagnies ici et là. Le picking me permet justement de faire ça. Le truc, c’est que je déteste travailler. Je travaille beaucoup, mais je déteste travailler à l’année. Ma santé mentale vaut plus cher que de l’argent. Si je veux aller surfer, faire de l’escalade, voyager au Mexique ou voyager n’importe où ailleurs dans le monde, je peux le faire. Travailler deux mois me permet d’aller dans les pays chauds pour le reste de l’année et d’en profiter. Mon esprit se demande toujours : « Comment puis-je faire juste assez d’argent pour vivre? »

T’as l’air d’être un grand voyageur, comment ta carrière de cueilleur te permet d’être nomade comme ça ? Penses-tu que c’est un bon fit d’emploi pour ceux qui aiment voyager?

voyage et fruit picking

Oui c’est clair. Durant tes deux mois de travail, tu ne dépenses pas beaucoup et tu peux te mettre beaucoup d’argent de côté. Ça dépend pour qui! C’est sûr que c’est facile de dépenser pour acheter de la bière! J’ai réussi, à travers les années, à me ramasser beaucoup d’argent. Même les gens qui ne savent pas qu’ils sont nomades ne voudront peut-être jamais revenir au Québec. Leurs parents vont être fâchés! Planter des arbres est tellement physique comparativement à l’argent que tu peux faire à cueillir des cerises. J’ai fait les deux, les cerises c’est facile pour l’argent que tu vas faire.

Comment faire du fruit picking a façonné ta personnalité à travers les années?

Ça été des ups and downsétant plus jeune, j’avais beaucoup d’ego. Je ne savais pas, en fait, que c’était l’ego. Ça me rendait vraiment compétitif. Au début, je voulais rencontrer des gens nice, ensuite, je pensais juste à faire de l’argent. J’ai réalisé que ce n’était pas moi, c’était mon ego. Spirituellement, ça m’a vraiment changé. Tu rencontres toutes sortes de personnes. Parfois, tu rencontres des gens plus vieux qui sont plus sages que toi. Dépendant où tu es rendu dans ta vie, tu prends ce qui te fait et tu laisses aller le reste. Ça me rend émotionnel de parler de tout ça, en plus, ajoute la fatigue!

Quelle est la situation la plus intense que tu as vécu à cueillir des fruits à travers les années?

En 2013, j’ai travaillé 70 nuits en ligne de minuit à midi.

Je pense que c’est la situation la plus intense que j’ai vécue. C’est possible de le faire parce qu’on manque d’employés. Je pense que travailler de nuit serait plus difficile pour les nouveaux cueilleurs. C’est très intense.

As-tu eu de mauvaises expériences avec certaines fermes? Si oui, peux-tu en parler un peu plus ?

Oui, mais de moins en moins. Le manque de main-d’œuvre a fait allumer beaucoup de fermiers qui ne voulaient pas payer à la fin du contrat. Dans le passé, on a dû casser quelques branches, disons ça comme ça, pour pouvoir avoir notre argent. Maintenant, on a plus vraiment besoin de faire ça. C’est pas mal plus chill maintenant. Pour les nouveaux, n’ayez pas peur, vous allez être payés. Pour obtenir des contrats, écrivez-moi. S’il y a quelque chose, je m’arrange directement avec les fermiers.

Ton plus beau moment?

Je sais pas si c’est le plus beau, mais c’est définitivement le plus cool. Je me suis fait réveiller un beau matin très tôt par ma tente qui m’écrasait le visage. Il avait plu durant la nuit et un hélicoptère était en train de sécher les arbres. L’hélicoptère était juste au-dessus de mon visage! J’ai eu peur sur le coup, mais j’étais vraiment stocked. Avec le lever du soleil, l’hélicoptère et les arbres, c’était vraiment cool.

Pour ceux et celles qui ont peur de faire le saut, que leur dirais-tu pour les rassurer?

Surtout, stresse-toi pas. Il y aura toujours des gens pour t’aider.

Tu vas rencontrer des gens incroyables. Ayez pas peur et packtez léger. Même si vous êtes en voiture, vous n’avez pas besoin de grand-chose. Vous allez trouver du travail assurément : à 120%! Vous serez payés. S’il y a quelque chose, appelez-moi!

Quels sont tes meilleurs spots dans l’Okanagan?

© Lisa Marie Gaudreault / Nomad Junkies

Quand tu termines la saison, tu peux aller faire de l’escalade Skaha Bluffs à Penticton ou visiter les hot springs à Nakusp (un peu plus loin). Il y a aussi le Kalamalka Lake qui est incroyablement bleu. Tu peux aller visiter les Boulder Fields à Kelowna, une caverne qui s’est effondrée il y a des milliers d’années. Tu peux t’y promener ou faire de l’escalade. C’est vraiment impressionnant à voir. En plus c’est un peu plus frais, si tu veux te sauver de la canicule.

Si essayer la carrière de cueilleur t’intéresse n’hésite pas à joindre les groupes Facebook.

Les groupes Facebook pour te trouver une job de cueilleurs en Colombie-Britannique :

Tu peux aussi écrire à Jo, ça lui fera plaisir de t’aider à te trouver un job : jo@jvfarmwork.com!

Et toi, quelle est ta meilleure histoire de cueillette?

Lisa Marie Gaudreault
Je suis agente de bord, nutritionniste, professeure de yoga, rédactrice, mais surtout nomade. J’ai habité au Nicaragua et dans l’Ouest canadien. Voyager vient combler chez moi mon besoin de me renouveler sans cesse et ma curiosité insatiable. L'un de mes buts est d'éduquer les voyageurs afin qu'ils voyagent de façon plus responsable en accord avec la nature.
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3 COMMENTAIRES

    • Il n’y a pas d’âge du tout! C’est certain que ça prend une bonne condition physique pour faire un bon revenu 🙂

    • Il n’y a pas d’âge, mais c’est certain que c’est physiquement assez demandant 🙂

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