Un livre qui ramène au voyage… et à soi-même

Un livre qui ramène au voyage… et à soi-même

Quand t’as le voyage dans le sang, plein de petites choses peuvent te replonger dans cet univers et te faire réaliser pourquoi tu aimes autant partir. Ça n’en prend pas gros pour te rappeler ce que voyager t’apprends sur toi et sur la diversité du monde.

Les moments qui te replongent dans la béatitude et la sérénité que le voyage t’apporte sont plus que précieux, you have to hold on to it. Ces moments te rappellent qui tu es, tout comme le voyage le fait. Tsé, quand tout te revient à l’esprit : comment tu te sentais avant de partir, comment tu te sentais quand t’étais en plein milieu de nulle part dans la jungle ou quand tu étais témoin du plus beau coucher de soleil que t’avais jamais vu. Mais aussi, c’était quoi le feeling que tu avais en d’dans quand t’es revenu à la maison.

Poutine pour emporter, ce livre qui est synonyme de tout ça

Pour moi, un de ces moments a été quand j’ai fini le livre Poutine pour emporter. L’auteure, Marie Eve Gosemick, m’a (re)plongé dans tout ce que le voyage EST et tout ce qu’il TE FAIT. Je l’ai dévoré en me nourrissant de toutes les émotions qui y sont décrites, parce qu’elles me ramenaient tellement à ce que j’ai jadis senti en voyage.

Fred, le personnage principal, en a marre. Il balance tout et part en Colombie sans trop savoir ce qu’il fera là-bas, ni même quand il reviendra. Que lui arrive-t-il? Des péripéties comme… t’inquiète je ne te volerai pas le punch quand même! Tout ce que tu je peux te dire, c’est que je me suis tellement, mais tellement reconnue en lui. Il était perdu, est parti en voyage et est revenu tout aussi perdu. MAIS, il s’est trouvé quelque part en chemin. Contradictoire, tout ça, tu vas me dire? Oui. Mais c’est ça que les voyages nous font.

poutine pour emporter

Quand on part se dépayser à l’autre bout de la planète, on est perdu, puis on se trouve, pis on se perd. Mais, pour moi, c’est le retour qui nous perd. C’est à cause du retour qu’on se (re)perd. Pourquoi? Parce que ça nous confronte à qui on était avant de partir en voyage, ça nous confronte au fait qu’on n’est plus la même personne qu’avant et qu’on n’est pas prêt à rentrer dans le moule qui définissait notre vie d’avant.

Revenir, ça nous met juste en pleine face qu’on a changé, qu’on se sent un peu étourdi dans ce changement, qu’on n’a plus l’impression de voir straight. Mais au fond, on n’a jamais vu aussi clairement. On est revenu avec une vision limpide. Vision de la vie, de ce qu’on veut, de nos valeurs. Bref, de qui on est réellement.

C’est ça qui m’a traversé l’esprit en finissant ce magnifique roman. J’ai eu l’impression de vivre chaque folle péripétie de Fred comme si j’y étais. Parce que même si je n’ai pas vécu les exactes mêmes situations que lui, je m’y reconnaissais. Parce que Marie Eve a le don de mettre le doigt sur la gamme d’émotions que tu vis en voyage. Et ça, ça te fait voyager.

poutine pour emporter

Ces p’tits bouts de texte qui te font vivre

Les passages du livre que tu retrouveras ci-bas m’ont marqué. Je les ai relus à peu près cinq fois chaque en me disant «OK, mais cette auteure lit dans mes pensées, c’est débile!»  Si ceux-ci ne te convainquent pas de lire ce livre, j’sais pas quoi te dire!

«Olive, qui avait voyagé en Asie à la fin de son bac, m’avait expliqué que c’est un pattern quand on revient d’un long séjour à l’étranger. On va vivre chez des proches qui s’inquiètent de notre besoin d’exploration, on reprend l’emploi peu glorieux qu’on avait avant notre départ, on revoit des amis guère intéressés à entendre parler de nos aventures des milles et une nuits, on rappelle la fille qui ne nous appelait déjà pas. On est déçu parce qu’on s’était imaginé que, pendant qu’on était parti, les gens avaient évolué eux aussi

Tsé, tantôt je parlais du fait qu’on change au courant d’un voyage… Tu reviens à la maison avec cette nouvelle facette de ta personne alors qu’on dirait que ta vie à la maison s’est juste mise sur pause le temps que tu étais parti.

«Find a way pour hacker la vie».

Oh tu peux compter sur moi pour ça. Un compagnon nomade m’a déjà dit «Sarah, la vie is a gâterie». Alors j’ai décidé de hacker la vie pour la transformer en réelle gâterie. Pis ma gâterie, c’est le voyage!

«Je savais qu’Olive avait raison de me demander ce que je voulais dans la vie. C’était là, le problème; je ne le savais pas».

Nice, j’suis pas la seule qui ne sait pas ce qu’elle veut (pis c’est ben correct comme ça btw). 😉

«Tant qu’à mener une vie instable, je ferais peut-être mieux de partir dans une vraie zone de turbulence. La Colombie n’était pas réputée facile, mais la vraie vie non plus, finalement

Le voyage = la plus belle zone de turbulence ever!

«Cette première exploration de freediving m’avait fait entrevoir la mer comme je ne l’avais jamais imaginée auparavant. J’étais dans une quatrième dimension, dans un autre monde, mon meilleur trip à vie et au-delà de toute drogue

Moi qui trippe plongée sous-marine, je suis à un million de pour cent d’accord avec ça. Mais à bien y penser, cette dernière phrase s’applique totalement au voyage. No wonder que j’suis accro au mode de vie nomade, que je suis une de ces filles qui voyagent.

«Escobar ajouta que la solitude permettait le silence intérieur, comme un bouclier qui protégerait de tout environnement hostile.»

J’sais pas trop pourquoi cette phrase m’a touché autant…  Peut-être parce que le voyage m’apporte aussi un silence intérieur. Mais aussi parce que lorsque voyage et moments de solitude sont mêlés, mon silence intérieur atteint un paroxysme.

«Dans toute société contemporaine, les gens se mettent à aller de plus en plus vite parce qu’ils refusent de choisir. Mais le multitâche est un mythe. Peu importe le pays où l’on vit, que l’on soit plutôt pauvre ou assez aisé, vingt-quatre heures nous sont allouées dans une journée. Escobar disait qu’on oubliait le bonheur des petites choses à force d’accélérer. […] Ralentir avait aussi l’avantage non négligeable d’éloigner le risque d’infarctus. C’était une bonne chose, selon lui, que je n’aie pas apporté mon téléphone en voyage. Non seulement la société nous poussait à aller toujours plus vite en exécutant au moins deux tâches à la fois, mais en plus elle exigeait qu’on soit également à au moins deux endroits en même temps. Le progrès à haute vitesse faisait fausse route. »

Quand t’es en voyage, tu fais le choix de choisir. Tu as la possibilité de choisir. Tu refuses de ne pas choisir. Choisir, c’est ça la liberté et, sincèrement, il n’y a qu’en voyage que j’ai réellement pu choisir dû au fait que je n’avais aucune contrainte.

«C’était bien l’histoire de ma vie, ça, l’éternel retour. Tout se répétait comme je l’avais vécu, de manière infinie. L’éternel retour serait éternellement mon plus lourd fardeau».

Rappelle-toi ce que je te disais au début de l’article. 😉 Mais me perdre est aussi l’histoire de ma vie. L’éternel retour est seulement symptomatique du fait que je me suis trouvée et perdue en cours de chemin, en cours du chemin du voyage. Mais hey, ne faut-il pas se perdre pour se trouver? Si tu ne te perds pas, tu ne sauras jamais te (re)trouver. Tu resteras à jamais dans ta petite bulle de confort, tu n’iras jamais «out of the box».

Est-ce moi ou toutes ces citations sont foudroyantes de vérité? 

Allez, va lire Poutine pour emporter et dis nous si tu l’as aimé!

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Sarah Cohen

Ambassadrice-Rédactrice at Nomad Junkies
Je veux découvrir le monde parce que je suis accro au mode de vie nomade ! Passionnée de plongée sous-marine et de danse, j'ai un "let's get lost" tatoué dans le front. Joins-toi aux Nomad Junkies sur Facebook, Twitter et Instagram

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