Portrait de nomade : 7 questions à Sylvain Schots de Odyseo

Portrait de nomade : 7 questions à Sylvain Schots de Odyseo

Se lever le matin, prendre son café en admirant la neige de l’autre côté de la fenêtre, ou bien les rayons du soleil qui transpercent la vitre pour venir chatouiller nos joues. C’est la routine ça, non? Lorsque l’on peut se permettre de briser notre routine et se réveiller chaque mois dans un nouveau pays, n’est-ca pas une offre alléchante ?

C’est exactement ce que le nomade Sylvain Schots du blogue Odyseo a fait. Travaillant sur internet, il a décidé avec sa copine Charlène de partir travailler à travers le monde. Ayant habité en Europe, au Canada et en Asie, ce couple de nomades partage maintenant leurs découvertes et leur passion par le biais de leur blogue.

Nous avons donc demandé à Sylvain de nous parler un peu plus de son parcours.

Que fais-tu dans la vie pour voyager autant?

Je travaille en Asie depuis 2011 dans le domaine du web. À l’origine, je suis parti m’expatrier quelques mois en Chine dans le cadre d’un stage de fin d’études. Puis, j’y suis retourné après ma soutenance et une proposition d’embauche dans la même entreprise. J’y ai passé environ deux ans, suite à quoi j’ai eu l’opportunité de continuer de travailler à distance.

Chine - Portrait de nomade : 7 questions à Sylvain Schots de Odyseo - Nomad Junkies

Photo: @nomadnocry

J’ai donc choisi une destination pas trop chère et plutôt sympa pour évoluer : l’île de Koh Phangan en Thaïlande, où je suis resté un an. Durant cette période, j’ai fait la connaissance d’un directeur d’agence de voyages en Mongolie, qui cherchait un profil comme le mien pour s’occuper de ses sites Internet.

Après quelques jours d’hésitation, j’ai accepté le poste et me suis envolé pour Oulan Bator, la capitale mongole. J’y suis resté environ neuf mois (la Mongolie est un pays fabuleux, mais la capitale n’est franchement pas la ville la plus agréable du monde, surtout l’hiver avec le froid et la pollution!).

Je suis donc reparti en Thaïlande, qui offre décidément un cadre de vie plus agréable, durant une année supplémentaire. Mais la vie sur une île comporte aussi son lot d’inconvénients et au bout d’un moment j’ai eu l’impression de stagner. J’ai donc pris la décision de bouger à nouveau et de partir m’installer en Corée du Sud, où je réside toujours actuellement.

Je travaille toujours pour cette agence de voyages en Mongolie et nous avons depuis ouvert plusieurs autres agences réceptives à travers l’Asie.

Qu’est-ce qui t’a poussé à adapter un style de vie nomade?

J’ai toujours plus ou moins rêvé d’aventures étant gamin, comme tout le monde, je pense. Peut-être que le déclic a été un stage au Canada où je me suis rendu compte que j’aimais vivre quelque chose de différent et voir autre chose pour un temps

Par la suite les choses se sont enchainées, j’avais toujours été attiré par l’Asie et j’étais sûr d’y mettre les pieds un jour. Jamais je n’aurais imaginé y vivre aussi longtemps!

Vietnam - Portrait de nomade : 7 questions à Sylvain Schots de Odyseo - Nomad Junkies

Photo : @nomadnocry

S’il y a un truc que je déteste, c’est de me coucher le soir avec la sensation de ne pas avoir progressé, de n’avoir rien appris ou rien fait. Quand je voyage, j’ai toujours l’impression d’apprendre quelque chose, voir quelque chose ou vivre quelque chose de nouveau.

J’adore me réveiller dans un endroit que je ne connais pas, rencontrer des gens passionnants qui ont toujours quelque chose à t’apprendre, découvrir une manière différente de vivre…

Je me suis souvent demandé si je ne fuyais pas quelque chose, notamment le retour inéluctable à la vie française avec les projets classiques crédit/boulot/gosses/retraite… Aujourd’hui, je réalise que ce n’est pas une fin en soi et qu’une vie alternative est possible, et elle s’avère beaucoup plus excitante!

Comment est-ce que ton entourage perçoit ton mode de vie nomade?

Je dirais que c’est plutôt mitigé. Ma famille et la plupart de mes amis l’ont au départ perçu comme une passade, convaincus que je reviendrais vite en France pour me fondre dans le moule. Mais les années ont passées et ils ont du se rendre à l’évidence!

Certains comprennent tout à fait mon choix et n’attendent que de se barrer à leur tour. D’autres ont un peu plus de mal, mais on est malgré tout toujours contents de se retrouver lors d’un retour en France !

Mongolie - Portrait de nomade : 7 questions à Sylvain Schots de Odyseo - Nomad Junkies

Photo : @nomadnocry

J’ai aussi perdu quelques ami(e)s qui ne comprendront jamais ce mode de vie, pour eux la vie se résume à la carrière, la famille et la retraite. Ils ne conçoivent pas que je puisse me satisfaire de peu de choses, que ma vie puisse tenir dans un sac à dos et que l’argent que je parviens à mettre de côté chaque mois ne sert qu’à financer de futurs voyages.

J’ai appris à l’accepter, chacun trouve son bonheur où il peut…

Quels pays as-tu visité à ce jour et quel est ton coup de coeur?

Alors, je vais faire par continent, car il commence à y en avoir pas mal mine de rien :

Europe : Angleterre, Espagne, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Suisse;
Amérique : Canada, États-Unis;
Asie : Chine, Malaisie, Thaïlande, Laos, Corée du Sud, Cambodge, Népal, Japon, Mongolie, Indonésie, Singapour, Sri Lanka, Birmanie, Vietnam.

Nepal - Portrait de nomade : 7 questions à Sylvain Schots de Odyseo - Nomad Junkies

Photo : @nomadnocry

Mon coup de cœur ? Difficile à dire… Récemment j’ai fait le tour du nord du Vietnam en moto et j’ai été bluffé par les paysages, notamment dans la région de Ha Giang/Meo Vac. J’avais rarement rencontré des locaux aussi agréables et généreux, de quoi me faire regretter d’avoir attendu aussi longtemps avant d’y mettre les pieds !

Sinon en tant que fan de trek je dirais le Népal, qui me faisait rêver depuis toujours et qui a dépassé mes espérances les plus folles !

Quelle est ta devise dans la vie?

Pas vraiment une devise, mais une phrase de Jacques Brel que j’adore :

Un Homme normal rêve de foutre le camp !

Sylvain Corée - Portrait de nomade : 7 questions à Sylvain Schots de Odyseo - Nomad Junkies

Photo : @nomadnocry

Je me considère donc comme normal car je suis convaincu que la vie n’est pas faite pour être passée au même endroit, même si aux yeux de mes proches je ne le suis pas. Mais au final, qu’est-ce que la normalité ?

Quels conseils donnerais-tu à ceux qui aimeraient voyager à long-terme?

Ne pas hésiter à se lancer, le plus dur c’est de prendre la décision de partir ! C’est toujours après coup que l’on se rend compte que c’est très facile de voyager, voire de s’expatrier.

On est toujours en train de remettre à plus tard et se dire que l’on a le temps. Perso, je galère déjà à trekker dans certaines parties du monde pendant plusieurs jours donc ça ne va pas s’arranger avec l’âge !

Mongolie - Portrait de nomade : 7 questions à Sylvain Schots de Odyseo - Nomad Junkies

Photo: @nomadnocry

Il ne faut pas non plus prendre le manque d’argent comme un frein voire une excuse, j’en suis la preuve ! Tout est une question de priorité et seuls ceux qui veulent vraiment partir décident de sauter le pas.

Peu importe que tu choisisses de partir trois mois, un an ou plusieurs années, c’est souvent une expérience extrêmement bénéfique sur le plan psychologique pour peu que l’on accepte de sortir de sa zone de confort.

D’ailleurs, je conseille souvent à des amis qui se lancent dans un tour du monde de ne pas préparer trop à l’avance. Bien sûr c’est toujours bien d’avoir une idée globale de ce que l’on veut découvrir. Par-contre, il ne faut surtout pas tomber dans l’excès inverse en traçant un itinéraire précis et en réservant tout à l’avance parce que l’on redoute les imprévus. Dans l’immense majorité des cas, les meilleurs souvenirs sont ceux que tu n’attendais pas!

Malaisie - Portrait de nomade : 7 questions à Sylvain Schots de Odyseo - Nomad JunkiesMalaisie - Portrait de nomade : 7 questions à Sylvain Schots de Odyseo - Nomad Junkies

Photo: @nomadnocry

Enfin, il faut être conscient que tu laisses pas mal de choses derrière toi. Tu prends donc le risque d’être en décalage avec certaines personnes que tu fréquentais par le passé. Mais en contrepartie, tu gagnes une expérience et surtout une ouverture d’esprit qui valent tout l’or du monde.

Finalement, qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite?

Développer ces projets d’agences qui me permettront de continuer à vivre comme un «digital nomad». Dès que j’en aurai marre de la Corée, j’envisage l’acquisition d’une van pour l’aménager et passer au mode nomade à plein temps plutôt que déménager dans un nouveau pays chaque année! Le terrain de jeu reste à définir mais ça me botterait bien de rallier l’Europe depuis la Chine sur plusieurs mois ou années, toujours en prenant mon temps.

Pour suivre le cheminement de Sylvain, suis-le sur Facebook, Instagram et sur son blogue!

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Kim Cayer-Roy

Stagiaire édition at Nomad Junkies
Avide d’aventures et de nouvelles expériences, je suis la fille qui ne dira jamais non à une escapade ou à un voyage planifié sur un coup de tête. Un mot me décrivant? Sans aucun doute wanderlust. Mon mode de pensée? Voyager est la seule chose que l’on achète qui nous rend plus riche! Alors, où on s’en va?

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