Portrait de nomade : 7 questions à Geneviève de The Great Anomaly

Portrait de nomade : 7 questions à Geneviève de The Great Anomaly

C’était écrit dans le ciel que Nomad Junkies et The Great Anomaly allaient bien s’entendre. Le mode de vie nomade des deux entrepreneurs derrière ce site ne rêvent que d’une chose : de repartir sur la route. On connaît ce feeling! Alors que je m’apprêtais moi-même à me lancer sur la route avec mon copain, lui aussi un éternel voyageur et un entrepreneur pour qui la planète est un terrain de jeu, il m’apparaissait plus que pertinent d’en apprendre davantage sur ce couple qui, en plus de vagabonder autour du monde, offre un coaching pour les couples qui veulent également adopter ce style de vie.

D’ailleurs, c’est temps-ci, je suis à fond là-dedans avec mon chum… comment on fait pour concilier nos horaires de travail? Quel est l’importance de s’accorder du temps pour l’un et l’autre? C’est quoi le flow qui permet aux deux d’être productifs? Où est l’endroit dans le monde où chacun se sent inspiré et qui nous offre les commodités tant nécessaires pour travailler (accès internet rapide et fiable, pas trop de distractions, un lit confo pour dormir le soir, de la bonne bouffe, parce qu’il faut bien nourrir ça ce cerveau de nomade!) Bref, c’est avec les oreilles grandes ouvertes que j’ai pu en apprendre plus sur Geneviève.

Que fais-tu dans la vie pour voyager autant?

J’ai commencé par décider que je pouvais. Vraiment. Parce que je n’avais absolument pas envie de passer ma vie au même endroit à faire la même chose tous les jours. Donc depuis un peu avant la fin de mon bac en communications en 2012, j’ai commencé à travailler en ligne, histoire d’avoir la liberté de travailler de n’importe où dans le monde.

Je me suis cherché longtemps, bien franchement. J’ai commencé par offrir des services de coaching en branding, parce que j’aime le design graphique et la stratégie de marque. Puis, j’ai voulu enseigner la business en ligne. Mais c’était toujours pas ça. Et finalement, moi et mon chum Nicolas (maintenant mon mari, yaaaay!) on s’est associés parce qu’on avait des skills complémentaires et que lui avait une idée de produit sur la nutrition. Encore aujourd’hui, c’est lui qui fait la rédaction et s’occupe du marketing et des chiffres, et moi je m’occupe de l’aspect social, du branding, de notre identité visuelle et de la gestion de projets.

On a fait notre chemin depuis ce moment-là (en 2013). Maintenant, on a une entreprise appelée The Great Anomaly et on enseigne aux couples entrepreneurs comment être capable de dealer avec leur job et leur vie de couple. Parce que c’est pas évident de jongler avec ces deux niveaux de vie-là et de ne pas laisser la job empiéter sur la vie personnelle. Toute la business est en anglais.

Ce nouveau projet-là est tout jeune, mais on a déjà un cours en ligne pour apprendre aux couples entrepreneurs comment partir pour leurs premiers trois mois de vie nomade (parce qu’on fait ça aussi haha). Cette année, on va aussi lancer une retraite mastermind, soit un événement de business pour les couplepreneurs qui veulent faire grandir leur entreprise sans négliger leur vie et leur couple.

La business de nutrition existe toujours et c’est encore elle qui rapporte de l’argent. Ça s’appelle Nick and Gen’s Healthy Life et c’est essentiellement une infolettre quotidienne basée sur les recherches personnelles de Nick sur la santé et la nutrition. On fait de l’argent en proposant des offres affiliées.

Qu’est-ce qui t’a poussée à adopter un style de vie nomade?

De 2012 à 2015, moi et Nicolas avons bâtit une entreprise en ligne dans le but d’être complètement location independent. On voulait pouvoir partir quand on voulait, voyager n’importe où et «vivre le rêve», tsé?

Pis étrangement, en 2014, on a décidé qu’on voulait acheter un condo. C’était logique! On avait toujours payé un appartement et on était tannés de pitcher de l’argent par les fenêtres. Mais comme je suis une fille qui aime BEAUCOUP le changement, il s’est passé ce qui devait se passer.

En 2015, on a décidé qu’on était encore tannés. On a toujours dit aux gens d’écouter la petite voix au fond d’eux qui crie pour plus de liberté pis on avait fait pas mal le contraire. On avait construit une business pour être capable d’être super libres, pisben on se retrouvaient avec une hypothèque, un char pis ben, BEN du stock.

Donc on a tout vendu (sauf le condo qu’on a loué, parce qu’on n’a pas été capable (marché de m**de)) pis on s’est acheté des billets pour Lisbonne, pour Bangkok et Chiang Mai. Ensuite, on allait voir.

Comment est-ce que ton entourage perçoit ton mode de vie?

On se fait souvent dire qu’on est chanceux, courageux, pis qu’on doit donc être heureux. Oui, oui et oui. Mais y’a pas beaucoup de chance là-dedans, tant qu’à moi. On a travaillé pour que ça arrive, on n’a pas attendu.

Mes amis deviennent de plus en plus internationaux, à force de voyager et de rencontrer des gens sur internet. Donc pour eux, c’est assez normal.

Pour ceux à la maison, on dirait qu’on leur a pas appris quelque chose de très surprenant quand on est partis haha… Comme si c’était juste logique, qu’on était fait pour ça.

Pour la famille, je crois que c’est un peu plus difficile. Mes parents ont fini par s’adapter au fait que je suis pas «normale» et que je fais jamais les choses comme tout le monde. Je pense que c’est dur pour ma mère qui s’inquiète toujours beaucoup trop (je vais bien m’man!), mais je fais mon possible pour donner des nouvelles quand j’y pense et me faire rassurante haha!

Quels pays as-tu visité à ce jour et quel est ton coup de cœur?

J’ai vraiment juste commencé à voyager (dans le sens «pas dans un resort dans le sud») avec Nicolas en 2014. Depuis, on a fait Vancouver, l’Australie, l’Italie, Paris, le Costa Rica, Lisbonne, la Thaïlande, Amsterdam, la Belgique, Budapest, Belgrade, Bucharest, Cologne, Esch-sur-Alzette (Luxembourg) et Hô-Chi-Minh-Ville.

Difficile de donner juste un coup de cœur, parce que ça dépend du mood.

Pour le travail, Chiang Mai en Thaïlande. C’est super accessible pour les digital nomads, internet est super rapide, tout est pas cher, il fait beau et chaud, meilleure place pour vrai.

Pour le lifestyle, Amsterdam. Pas mal plus cher que Chiang Mai, mais la qualité de vie est vraiment impressionnante. Et, confession, j’ai trouvé ça un million de fois plus beau que Paris. C’est propre, super bien organisé et la nourriture bio et de super bonne qualité est accessible partout. Un must pour nous!

Pour un mix des deux, Budapest. Super abordable et incroyablement beau. Et vraiment très accessible pour des gens comme nous qui essaient d’éviter les produits laitiers et le gluten. En plus, il y a une tonne de petits cafés hipsters, parfaits pour travailler. Un super bel endroit pas trop cher pour l’Europe.

Quelle est ta devise dans la vie?

Ça change souvent, ça aussi. Dans le passé, c’était d’écouter mon côté «weird». C’est normal, t’as besoin de te dire ça souvent quand tu vis tout le contraire de ce que tu «devrais» faire dans la vie.

Ensuite ça a été quelque chose comme «Si ça ne te rend pas heureuse, screw it!». Ça, c’est au moment où notre entreprise est passée de la nutrition à un projet plus commun, The Great Anomaly. Je ne voulais plus faire de la business juste pour faire de l’argent. Je devais m’y retrouver aussi et me réveiller le matin complètement motivée.

Et finalement, depuis qu’on s’est mis à voyager à temps plein, ça ressemble à:

Prends ça tranquille, fille!

Je suis beaucoup plus relaxe et flexible qu’avant vis-à-vis de tout ce qui peut m’arriver dans la vie. Et ça, c’est le mode de vie nomade qui t’enseigne ça. Tout est différent tous les jours; tu dois t’adapter et pas capoter. Parce que ça irait pas vraiment bien ta vie, sinon. 

Quels conseils donnerais-tu à ceux qui aimeraient voyager à long terme?

Prends ça une étape à la fois. Essaie de planifier ton année, mais reste assez flexible pour être correct avec un changement de plan majeur. Des vols que tu book à la dernière minute, ça arrive souvent. Pas d’appartement? Normal. Tu partais en Thaïlande pour l’hiver, mais finalement, tu changes d’idée pis tu veux aller à Chypre? Vas-y, fille, gâte-toi!

Aussi, si tu voyages avec un partenaire (ton chum, une amie, ta mère), parlez-vous. TOUT LE TEMPS! C’est vraiment super important que dès que tu sens que y’a quelque chose de off, tu le dise. Sinon ça va juste s’accumuler. La plupart du temps, quand je mentionne de quoi comme ça à Nick, un changement de plan, je sais qu’au début, il va être inconfortable. Il aime pas troooop le changement, lui. Ou en tout cas pas comme moi haha! Mais après en avoir discuté calmement, l’avoir rassuré et avoir parlé de toutes les options possibles, ça se passe toujours super bien.

T’as toute la vie pour tout faire. Prends ça une étape à la fois et écoute-toi.

Finalement, qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite?

Je peux-tu faire une liste?

  • De garder mon focus par rapport à ma business, par rapport au sujet et aux gens que j’aide;
    • De ne pas paniquer quand les choses vont de travers;
      • De continuer à voyager à temps plein;
        • De ne pas avoir peur d’essayer des nouvelles affaires (parce que ça crée toujours les meilleures histoires);
          • De merveilleuses dates internationales avec Nick;
            • De continuer de vivre selon mes passions et mon bonheur.

            Tu peux suivre Geneviève et The Great Anomaly sur son compte Instagram, son blogue, sa page Facebook et sur Twitter. Tu peux aussi écouter leurs podcasts disponibles sur iTunes.

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            Safia Dodard

            Co-fondatrice et rédactrice at Nomad Junkies
            Je voyage parce que je suis accro au mode de vie nomade . J'ai quitté mon emploi en agence de pub pour explorer le monde, d'abord en backpack et maintenant avec le cirque. Rejoins notre communauté de nomades sur Facebook, Twitter et Instagram.

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