Voyager pour aider : comment démystifier le volontourisme, l’aide humanitaire et la solidarité internationale

Voyager pour aider : comment démystifier le volontourisme, l’aide humanitaire et la solidarité internationale

On dirait qu’il y a une mode ces temps-ci pour le volontourisme, les voyages solidaires ou les missions de volontariat à l’étranger! Disons que c’est un sujet pas mal controversé…

Pour être partie quelque fois à l’étranger pour ce type de projet, il y a un sujet de conversation qui ressort souvent et qui fait en sorte que mes oreilles silent:

«- Vas-tu faire un voyage humanitaire?

– Non, je pars aider sur un chantier d’Habitat pour l’Humanité.

– Eh bien, c’est ça… tu vas faire de l’aide humanitaire!»

Il est très probable qu’à ce moment tes oreilles ne silent pas… et c’est normal. Le problème, c’est tous ces termes qu’on utilise de façon interchangeable lorsqu’il s’agit d’offrir son temps pour des projets d’aide à l’étranger. Trop souvent, on veut partir à la rescousse de la planète, mais on ne sait plus où se tourner.

J’aimerais rectifier le tir quant à ces termes et ainsi, te laisser te faire une tête sur les types de voyages possibles et leurs réels impacts sur la population.

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Qu’est-ce que l’aide humanitaire?

Commençons par le plus populaire, l’aide humanitaire. Pour avoir besoin d’aide humanitaire, une population doit vivre une crise ponctuelle dans laquelle il faut intervenir. Elle survient lors de séismes, inondations, guerres civiles… Bref, c’est une aide ponctuelle d’urgence. 

L’aide humanitaire peut prendre trois formes:

  • Don d’argent;
  • Don de marchandises et de matériels de grande nécessité;
  • Envoi de personnels de renforcement.

Par exemple, lors des inondations de début mai au Québec, si un autre pays avait choisi de venir nous prêter main-forte, ça l’aurait été de l’aide humanitaire.

Le volontourisme, c’est quoi ça?

Cette forme de voyage est apparue il y a quelques années et gagne en popularité. Il s’agit d’un voyage clé en main, tout inclus, qui correspond à proposer ses services à des populations et des organismes dans le besoin lors d’un voyage.

Quelle est l’attrape?

La principale problématique de ces types de voyage, c’est le manque de connaissances sur le pays. Je donne l’exemple d’un quartier à Haïti construit suite au tremblement de terre et qui, depuis, est désert.

Pourquoi?

Parce que l’emplacement de ce quartier ne répondait pas aux besoins de la population. Parfois aussi, les promoteurs inventent des problématiques. Par exemple, une école doit être repeinte et chaque semaine, elle est peinte d’une nouvelle couleur par un groupe de tourisme… Quel gaspillage de ressources!

La solidarité internationale c’est pas la même chose?

Le concept le plus répandu (et le plus sain!) est probablement un voyage de solidarité internationale ou coopération internationale. Dans ce type de projet, un organisme du pays des coopérants s’affilie à un organisme du pays d’accueil pour mieux répondre aux besoins de la population.

Parfois, le volontourisme se transforme en coopération internationale et là, il devient tout à fait sain. En ce sens, j’utilise l’exemple d’Habitat pour l’Humanité parce que leur concept est simple et permet de comprendre la logique. Global Village Canada, la filiale qui envoie des volontaires à l’étranger d’Habitat pour l’Humanité, crée des partenariats avec les autres filiales d’Habitat pour l’Humanité à travers le monde. Donc, disons que Habitat para la Humanidad Costa Rica souhaite accueillir une équipe de Canadiens, Global Village Canada affiche le projet, recrute les bénévoles, s’assure de les épauler dans le projet et les envoie au Costa Rica. Là-bas, un responsable de Global Village Canada et un responsable d’Habitat para la Humanidad Costa Rica chapeauteront ensemble une semaine passée sur un chantier de construction.

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Photo : @gagclo01

Le volontariat fit où dans tout ça?

La dernière option est celle de communiquer directement avec un organisme de volontariat dans le pays souhaité et d’aller les aider. Je suis en contact avec quelques organismes que j’ai contacté pour des informations et je reçois régulièrement des offres d’emploi ou des informations sur les projets à venir.

C’est une belle occasion, selon moi, de réellement s’impliquer dans la communauté et de découvrir une nouvelle culture en plus de permettre de travailler dans la sphère d’activité de son choix, dans le pays de son choix. Dans la même optique, le WOOFing et tous ses dérivés (Workaway, HelpX) sont de très belles opportunités!

Alors… quoi faire?

Peu importe le type de voyage choisi, je crois qu’il est important de respecter quelques critères. D’abord, respecter la culture locale. Renseigne-toi au maximum sur les coutumes et les façons de faire locales afin de t’y conformer. On t’accueille dans un pays, respecte-le!

Les cadeaux donnés doivent avoir une valeur nationale, mais non pas monétaire. Je m’explique : apporter un casse-tête du Canada, des photos du pays, des pièces de monnaie… c’est super! Apporter un livre à colorier, un ballon et des souliers de course, ça n’a aucun lien et ça ne fait que créer des attentes chez la population d’accueil envers les prochains visiteurs.

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Pour continuer ta réflexion, Stéphanie Lapointe avait réalisé un magnifique reportage pour la série 21 jours présenté par TV5 que je t’invite à visionner.

 

Et toi, comment intègres-tu cette notion d’aider lorsque tu voyages?

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Amoureuse de Montréal, je n'arriverais pas à déménager à l'étranger. Il n'en reste pas moins que je profite de chaque moment de pause pour parcourir le monde. J'adore travailler et habiter avec les communautés du monde pour réellement découvrir leurs cultures. Le monde est mon terrain de jeu et mon lieu de travail à la fois.

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