Le grand retour de voyage, la maladie de tous les nomades

Le grand retour de voyage, la maladie de tous les nomades

Et puis là c’est le retour. Tu reviens dans un monde aseptisé et rangé où tout est à la bonne place. Où les gens ne se disent pas vraiment bonjour au dépanneur, occupés à chasser des Pokémons. Seulement une fois sur deux, tu attrapes un sourire au passage. Tu es partie et tu reviens; rien n’a changé, tout est pareil. C’est comme si le paysage avait été sur pause pour un instant.

Malgré le fait que tu es super bien entourée et que tes amis et ta famille sont là pour ton retour, t’as un peu mal en dedans. Et tu te creuses déjà profondément les méninges pour trouver une façon de repartir au plus vite vers d’autres horizons. Ta peine est difficile à comprendre pour les autres. Tu te fais dire : «Mais voyons! Sois heureuse d’être partie, contente-toi et apprécie.» Et oui, tu apprécies profondément ton chez-toi et tu reconnais très bien la chance que tu as d’être née au Québec ou ailleurs, mais le chaos te manque.

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Le chaos dans ta tête

Tu repenses aux odeurs du street food, à la couleur des yeux de ces enfants vibrants et joyeux n’ayant pourtant rien, aux mélodies des différentes langues, aux visages des femmes travaillant toute leur vie dans les rizières, aux histoires de jeunesse de ton ami birman. Tu t’en souviens; c’est comme un film tournant en boucle dans ta tête.

Tu cherches autour de toi des trucs semblables, mais il n’y en a pas, parce que ce sont deux mondes opposés. Tu voudrais à nouveau aborder de nouvelles personnes, échanger et parler, mais ici ce n’est pas tout à fait comme ça. Tu veux découvrir encore et encore, sortir des sentiers battus et nourrir ta soif d’aventures extrêmes, mais ici, en général, c’est plutôt la recette métro-boulot-dodo.

Toujours difficile de frapper le mur du retour; il frappe fort, lui, après la frénésie des retrouvailles familiales, une fois que t’es chez toi, toute seule. Tu te regardes dans le miroir et tu te sens changée. Tu voudrais littéralement partager tes yeux à ceux qui t’entourent, pour qu’ils voient ce que tu as vu, pour qu’ils ressentent ce que tu as ressenti, pour que ça les change un peu eux aussi.

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Le temps du retour, le temps du départ

Et puis c’est là que le temps entre en jeu, tu te dis que c’est le seul qui va faire que ce petit inconfort de retour va partir tranquillement de jour en jour. Qu’éventuellement, quand tu auras mieux assimilé ton «chez-toi», tu pourras puiser ton énergie dans l’organisation de ton prochain voyage, te faire des projets de fou et recommencer à regarder les billets d’avion sur toutes les applications de ton téléphone. Et le temps t’aidera aussi à mettre en action tout ce que tu as appris en voyage, à devenir une meilleure personne grâce à ce que tu as assimilé là-bas. Il t’aidera à tenter de semer le bien dans notre monde de chasseurs de Pokémons.

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Et quand le temps aura fait son œuvre, il ne te restera plus que de doux, grands et puissants souvenirs. Tu es sereine et enjouée face à ton retour, tu as repris le goût de pimenter ta routine québécoise, tout en sachant profondément que le mot «routine» ne s’installera pas pour longtemps dans ta vie, puisque tu en as horreur et que dans chaque Nomad Junkies se cache un plan. Tu sais déjà parfaitement quelles sont tes prochaines destinations, qu’est-ce que tu vas mettre dans ton backpack! De toute façon, tu as déjà acheté les Lonely Planet et lu sur les coutumes des différentes régions. Tu es prête et ça te fascine déjà de t’imaginer là-bas!

Alors, qui veut garder mon chien, cet automne?

Toi aussi, ton dernier retour de voyage t’a affecté? Raconte-nous ton blues! Thérapie de groupe dans les commentaires!

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J’aime le voyage pour son histoire, son authenticité, ses couleurs et sa puissance. Dès que je peux, je m’évade. Je suis complètement obnubilée par ce que cette belle planète a à nous offrir et par les histoires des gens qui y habitent.

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