Le courage de rester

Le courage de rester

Ça fait maintenant cinq ans que je suis revenue d’un long voyage. Il serait temps que je lâche tout à nouveau, non? 

Depuis près de deux ans, je lis assidument les péripéties de Nomad Junkies et de plusieurs nomades dans ce genre. Ils me font rêver, m’évader et me font ajouter chaque mois un pays à visiter sur ma to do list. Ça donne le goût de repartir!

Mais non…

J’ai choisi de rester. Quand je suis partie, il y a cinq ans, on a applaudi mon courage, particulièrement d’avoir le guts de voyager seule. Aujourd’hui, tout en saluant mon courage d’être partie, j’applaudis mon courage… de rester.

Rester, plus difficile qu’on le pense

Pour moi, partir, tout quitter et commencer à nouveau serait plus facile que de faire face à la routine d’une vie rangée. Improviser est plus excitant que tout prévoir. Découvrir du pays est plus amusant que faire le trajet pour aller travailler.

Être bronzée est beaucoup plus plaisant que d’être blême comme un drap. Rencontrer des personnes allumées est plus charmant que de dire «Visa» à toutes les semaines à l’employé du Maxi. Baragouiner une autre langue est plus stimulant que d’être dans sa bulle dans le métro. Sauter en bungee donne beaucoup plus le goût de changer le monde que de pelleter son entrée.

J’ai donc choisi de rester, même si ça semble moins sexy.

J’ai choisi de construire : des projets, une carrière, une relation de couple, une maison, une vie de communauté, un réseau. J’ai aussi choisi d’affronter. Affronter des gens aux valeurs contraires aux miennes que je n’ai pas le choix de côtoyer, des gens qui ne croient pas en moi et qui me mettent des bâtons dans les roues ou encore les gens blasés qui n’ont plus ce désir d’apprendre ou de découvrir. Je crois que c’est ce qui me manque le plus de voyager : ce sont les gens allumés, ouverts, intéressants ET intéressés.

 

Continuer de voyager à la maison

Pour quelqu’un qui veut toujours être stimulé, se dépasser, être dépaysé, rencontrer et apprendre tous les jours, s’établir est un deuil. Oui, j’ai choisi de vivre mon deuil et de m’établir à Montréal, mais avec la même fougue qui m’habitait en voyage.

– Entre dans les bazars de sous-sol d’églises.

– Aide les touristes à s’orienter.

– Visite les épiceries étrangères.

– Parle aux inconnus.

– Essaye les restaurants qui ne sont pas dans les guides.

Mes escapades en tuk-tuk se sont transformées en roadtrips au Québec, avec obligation de m’y perdre et de réaliser la variété de cultures et d’accents des régions. Les gros soupers de charmants inconnus rencontrés dans les hostels sont devenus des soupers de couples d’amis avec chaises hautes. La plongée, le bungee et le surf ont été remplacés par le ski, la pétanque, le frisbee et le jogging.

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Voyager pour apprendre à devenir touriste chez soi

Mais tu sais quoi?

Il s’avère que c’est un méchant beau défi, valorisant et enrichissant à sa façon. Voyager m’a stimulé et m’a donné confiance en moi. Rester me permet de m’épanouir. Je réalise aujourd’hui qu’avoir déjà été une nomade me permet de devenir une meilleure Montréalaise et d’avoir un regard unique sur ce qui m’entoure.

Réussir à voir quelque chose de merveilleux dans la routine demande beaucoup. Et à toi qui réussit tous les jours, j’applaudis également ton courage de rester. Et à ceux qui ne réussissent pas, partez loin et longtemps. Vous serez ainsi mieux équipés que quiconque pour vous épanouir, que ce soit en tant que nomades ou que sédentaires.

Parce qu’être nomade est avant tout un état d’esprit!

Dans les prochains mois, je t’inviterai à découvrir un Québec nomade à travers mes billets. Je tâcherai de te trouver des suggestions de roadtrips, des idées pour de courts weekends et des découvertes de lieux inusités!

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Es-tu aussi nomade dans l’âme? Comment vis-tu la sédentarité?

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Mélissa Hébert

Ambassadrice-rédactrice at Nomad Junkies
Après avoir fait le tour du monde, je suis de retour dans la belle province. Ce que j'ai appris en voyage me permet de vivre Montréal différemment! Des suggestions de road trip à la découverte de lieux inusités, je vous invite à découvrir un Québec nomade. Parce qu'être nomade est avant-tout un état d'esprit! Joins-toi aux Nomad Junkies sur Facebook, Twitter et Instagram

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Commentaires

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6 Comments

  1. Francis
    April 13, 12:26 Reply
    Merci poir ton article. J'anticipe mon retour au Québec et je vais le voir comme un nouveau défi et non comme une inéventuelle fatalité grâce à toi! :) Après plus d'un an de voyage j'ai hâte de revenir mais je n'envie en rien la routine qui m'attend...ce sera un choix difficile de rester mais je veux essayer. Merci!
    • Mélissa Hébert
      April 18, 13:50
      Bon retour au Québec! Le fait que tu arrives en plein printemps/été va sans doute beaucoup faciliter ton dépaysement ;) Mais courage, je suis certaine que tu sauras renouveler ta routine avec tes yeux de nomades!
  2. Juliette
    April 13, 14:09 Reply
    Est ce que la photo de couverture (celle où on voit un grand plan d'eau et deux personnes assis sur une roche) a été prise à st-fabien dans le bas du fleuve ?? Si non, ou à t-elle été prise ? Elle est vraiment belle !
    • Mélissa Hébert
      April 18, 13:49
      Salut Juliette, La photo a été prise au parc national du Bic. Terrain de camping La Coulée #3 pour être plus exact ;)

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