Je m’aime plus quand je voyage

Je m’aime plus quand je voyage

J’aime partir, voyager! Ça me picote le postérieur ces derniers temps, j’ai la bougeotte dans mon salon. Je compte les avions qui passent au-dessus du balcon de mon 3 1/2 et je m’imagine m’accrocher à la traînée de fumée qu’ils laissent derrière eux, comme attachée à la queue d’un cerf-volant.

Voici ce à quoi je rêve :

  • Je rêve d’aventures en terres inconnues;
  • Je rêve de chutes dans des forêts tropicales de toutes les teintes de vert;
  • Je rêve de villes trop peuplées de destins individuels;
  • Je rêve de pancartes qui se lisent de droite à gauche.

J’ai envie de remplir un backpack de mes essentiels, pis that’s it prendre un billet d’avion pour nulle part et n’importe où.

Mais, ce que j’aime le plus du voyage c’est pas tant le voyage en tant que tel. C’est sûr et certain que c’est beau dans ma rétine des paysages de carte postale, pis que c’est bon pour le cerveau les histoires des gens nouveaux qui vivent des trucs différents. Ben oui, c’est certain que je tripe.

Ce que j’aime le plus dans tout ça, c’est moi.

Baie voiliers - Je m'aime plus quand je voyage - Nomad Junkies

Photo : @mpara11

J’ai l’âme nomade, suis-je bizarre?

Quand je suis à l’autre du bout de la planète et même plus proche, je deviens une meilleure version de ma personne. Comme si en partant à la découverte du monde, je faisais la découverte de moi-même.

Ça veut dire quoi ça?

Je souris plus, je respire plus, je garde les yeux ouverts et je m’émerveille de tout! Je m’émerveille devant un escalier un peu croche, devant un enfant qui saute dans une flaque d’eau, devant les feuilles d’un arbre super grand qui prennent dans le vent et devant un coucher de soleil rouge sang. Je cligne des yeux un petit peu plus fort pour prendre des photos dans ma tête.

Ça veut dire, prendre le temps d’apprécier.

Allée sourire - Je m'aime plus quand je voyage - Nomad Junkies

Photo : @mpara11

S’ouvrir au Monde avec un grand M

Je me découvre des forces aussi. Physique, en premier, quand je regarde mon podomètre en fin de journée pis que je fais un high five dans ma tête à mes souliers cheap pour avoir tenu le coup des 30 000 pas quotidiens. Thumbs up mes shoes !

Je me découvre aussi des forces de tous les autres types, genre le courage d’aller essayer de baragouiner une langue inconnue pour me commander de la nourriture locale. La débrouillardise de me sortir des situations de merde dans lesquelles je me retrouve… souvent perdue au bord d’un chemin quand il commence à ne plus faire super clair. Le sang-froid que je garde à ce moment-là, alors que j’imagine ma version «pas en voyage» de moi-même déjà en train de se déshydrater de larmes.

Je me découvre une ouverture d’esprit dans toutes les choses que j’essaie pis mon entregent surtout. En voyage, c’est là que je me fais toujours le plus d’amis. Je parle à l’inconnu au lieu de lui lancer des couteaux avec les yeux quand il vient me parler dans la rue ou dans le bar. Je vais vers lui, l’inconnu singulier et pluriel, je me présente à de grands groupes de gens avec la confiance d’un prix Nobel de sociabilité, puis je leur pose des questions sur leur vie.

«Je suis curieuse en voyage.»

Parapente - Je m'aime plus quand je voyage - Nomad Junkies

Photo : @mpara11

J’ai tout à apprendre de tout le monde et ils ont tout à apprendre de moi. On s’échange des confidences sur nos bouts de chemin respectifs pour toujours invariablement se rendre compte qu’on n’est pas seuls ni différents dans nos problèmes de course à l’amour de la vie pis nos recherches de nous-mêmes. Dans nos envies de grandeur, de devenir quelqu’un, d’amasser les souvenirs, d’être des personnes bonnes pour l’humanité, nous sommes les mêmes.

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Découvrir des affinités avec moi-même

En voyage, je me découvre des affinités avec tout le monde, peu importe leur âge ou leur provenance. Je me découvre aussi des affinités avec moi-même quand je me rends compte que ce que j’ai à dire est intéressant même si des fois à la maison j’trouve ma vie pis mes opinions plates. Étonnament, l’énergie qui circule vient en partie de l’énergie que je dégage.

Justement, en voyage je suis rarement fatiguée! J’ai cette soif de ne rien manquer qui me ressource et qui me pousse à me lever super tôt. Je dis non à rien, même si je suis moyen certaine parce que j’ai l’impression que chaque opportunité me nourrit et me fait découvrir de nouvelles facettes de moi-même. Je suis game en bibitte quand je sors des frontières imaginaires qui existent autour de ma province et de mon pays qui limite mon potentiel.

Retour à la réalité

Assise en indien chez moi, j’ai l’air de rien de tout ça. Je me trouve poche un peu… Je dis souvent non aux trucs qu’on me propose parce que j’ai juste hâte de me mettre en boule dans mon lit tout chaud pis de regarder des séries télévisées en rafale. Je fuis les festivals, je trouve qu’il y a trop de monde! Ça ne fait aucun sens parce que des rues bondées à Montréal ça ressemble en rien aux rues bondées des grosses villes que je tripe à visiter.

Je sors seulement pour les fêtes des gens. Encore là, ça me prend tout mon p’tit change pour pas choker, genre pas trouver mon parapluie un soir qui annonce peut-être un peu de pluie. Bye bye le party…

Lac - Je m'aime plus quand je voyage - Nomad Junkies

Photo : @mpara11

Une autre version de moi-même

Quand je ne suis pas en voyage, je suis sauvage. J’évite le regard des étrangers et j’ai toujours l’impression que ce sont de mauvaises personnes avec des intentions douteuses.

Un enfant saute dans une flaque d’eau pis je fais pas de photo dans ma tête en clignant des yeux. C’est juste un kid pis des bottes de pluie, il n’y a rien là. Pire, je change de bord de trottoir, ça m’irrite de courir le risque qu’il éclabousse mon jean cheap du H&M.

Au travail, je trouve que tout est inutile, qu’on sert un peu à rien et qu’on mène nulle part. C’est niaiseux, parce que quand je parle de ma job à des inconnus en vacances, je sonne pas mal plus motivée que ça et je finis par croire que ce n’est pas tout négatif ce que je fais au boulot.

Dans ma ville, quand je me perds, je n’utilise pas mon courage, ma débrouillardise, mon intelligence ou mon sens de l’orientation. Je ne cherche ni le nord ni le sud à l’aide des repères qui m’entourent. Chez moi, dans ma belle province, j’appelle ma mère et je lui demande de me décrire des instructions Google Maps pour ne pas utiliser mes données de cellulaire, mes données d’itinérance, ceux que dans le fond je n’utilise pas quand je suis en dehors du Québec parce que dans ce temps-là, je vaux tellement plus que quelques gigaoctets d’internet.

«Ma vie quotidienne est ben ordinaire. C’est rien de super magique parce que je fais pas le choix à chaque seconde d’être extraordinaire et de voir la magie partout où je vais. Je suis paresseuse on dirait.»

Ça fait que j’ai super hâte de repartir à la découverte du monde, à la découverte de moi! Je m’aime tellement plus quand je voyage. Puis quand j’aurai assez pratiqué l’art d’être présente, d’aimer le moment, de parler aux gens, de prendre des photos avec mes yeux et de vivre au maximum de mon énergie, peut-être qu’à ce moment je saurai appliquer tout ça à ma vie d’ici aussi.

Et toi, quelle version de toi-même préfères-tu?

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J'ai envie de partir, tout le temps, d'aller loin d'aller proche tant qu'il y a du mouvement. Quand le portefeuille me permet de m'acheter des ailes et aller me désorienter le quotidien, je le fais. Quand la vie me cloue au sol, mon esprit voyage au rythme des sites web de compagnie aérienne et de vos photos de globetrotter éparpillées sur les réseaux sociaux.

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Commentaires

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1 Comment

  1. Mozzriam
    December 21, 16:58 Reply
    Je suis totalement au diapason avec ta réflexion...et même à regarder mes photos prises en voyage, j'ai l'impression d'avoir quelqu'un d'autre sous les yeux... Plus resplendissante, plus allumée.... J'essaie de me dire que c'est le bronzage mais c'est plus deep que ça... Mon être est en éveil de chaque moment et le temps d'apprécier les grandes comme moins grandes choses se traduit même dans mon physique ... Bizarre mais c'est ainsi que je me vois et oui, un jour je prendrai racine mais pas aujourd'hui...ni demain lol ;-) Bonne route à tous et chacun sur la découverte de soi et des autres ! ;-)

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