Survivre au «débuzz» du retour de voyage

Survivre au «débuzz» du retour de voyage

Voyager, c’est comme un high de drogue, mais d’aventures et de découvertes.

Tu vas voir, ton retour de voyage va être tough en revenant ici et tu risques de pogner un down, mais ÇA VAUT LA PEINE!  

Cette phrase m’a été dite par de nombreux voyageurs et je l’ai redoutée pendant 1 an :

  • Avant qu’on parte parcourir l’Asie pour 6 mois;
  • Pendant mon vol de retour;
  • En atterrissant à Montréal!

Mettons que de passer de «vivre dans une tribu» à «prendre le train Longueuil/centre-ville à 8h27 tous les matins» me faisait débuzzer.

J’ai jamais vraiment fait de drogue… sauf une fois au chalet. Je me connais, j’aurais été complètement accro au high. J’ai donc longtemps redouté le moment où il fallait troquer mon backpack et mes bottes de trek pour une sacoche et des talons hauts. Passer de vivre sur un high de découvertes pour revenir dans une routine. La peur de toujours vivre dans le but de seulement vouloir repartir. Que mon bonheur ici ne serait jamais comblé.

Photo: @jo_annietetreault

On a quand même pris le risque. Et ça l’a été un bon risque. J’ai attendu plusieurs mois après mon retour pour écrire ces lignes, pour écrire un topo post-voyage RÉALISTE. En tant que fille du marketing, j’ai fait un focus group de moi-même. Voici mon postmortem.

Faire son deuil de l’aventure à son retour de voyage

Le premier mois… BANG! Je ne pensais jamais m’en remettre. Ma vie noire et blanche a fait en sorte que je suis retournée travailler 2 jours après mon arrivée. J’ai capoté, donc vite planifié notre prochain trip. Comme si ça me donnait une raison d’être ici.

BANG #1 : la performance

Pendant 6 mois, je m’en foutais de la performance. Les gens à l’autre bout du monde se foutaient de mon travail/salaire, mon niveau social, mais se souciaient de mon cœur, mon âme et mon bonheur. La compétition sociale n’existait pas. On vivait dans un beat aligné et balancé sur ce qu’on cherchait à ce moment précis de votre vie, sans prétention. Il y avait cette obligation de réaffronter cette pression à mon retour et je n’étais pas prête.

BANG #2 : la perfection

En tant que botcheuse assumée, l’imparfait chaos, moi, je trouve ça beau.  

La nuit où je suis revenue, c’était insomnie totale; j’étais dans la cour de Sophie à ne pas comprendre où j’étais. Et ça m’a frappée, tout est calme, pareil, des boîtes identiques. Pas de pleurs d’enfants, de bruits des motos, de musique, de vie? C’était trop parfait pour moi et j’étais en manque d’imparfait.

Maison local - Survivre au «débuzz» du retour de voyage - Nomad Junkie

Photo: @jo_annietetreault

BANG #3 : l’individualisme

J’essaye d’aborder les gens, mais dire «bonjour» à un inconnu était presque impensable. Comme si on avait des mauvaises intentions. En fait, ça a même l’air weird. On préfère stalker la vie des inconnus sur Instagram que d’oser les aborder, de rentrer dans la profondeur. On préfère garder ça à un niveau politically correct. En foule, on est sur nos cellulaires à essayer de fuir le regard des autres. J’avais l’impression d’être seule au monde. Que je n’avais pas le droit de socialiser. Ça m’a troublée.

BANG #4 : l’incompréhension

Depuis notre retour, Alex et moi on se lance des regards dont on est les seuls à comprendre. Ça nous rassure. Durant notre trip, on a rencontré des voyageurs et on a échangé ces mêmes regards. Ici aussi. On cherche à s’entourer de personnes qui comprennent et qui ont cette même ouverture d’esprit. Tu te sens moins seul dans cette indifférence.

J’ai l’air de chialer et être en semi-dépression, mais attends. La vie fait bien les choses.

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Photo: @jo_annietetreault

Une évolution constante

La vie fait bien son chemin et en voyage particulièrement, tu évolues tous les jours sans nécessairement en être conscient. Vivre le moment présent à un effet papillon sur ton futur.  La nouvelle moi, j’apprends à la connaître. Elle est loin d’être parfaite, mais c’est une fille qui accepte que les aventures n’ont pas besoin d’être à l’autre bout du monde. Que c’est une façon de vivre! D’être, en fait, une personne d’expérience. De petites et/ou de grosses expériences.

Je deviens une fille qui a une plus grande résilience au stress. Il est toujours là. Toujours aussi oppressant, mais j’ai appris à mieux le contrôler et davantage relativiser. Une fille qui apprécie plus. On va se le dire, on vit dans un foutu beau pays et on est chanceux. Mais, j’ai surtout appris à lâcher prise. Lâcher prise sur les autres. De vouloir changer ce qu’on ne peut contrôler.

Au Vietnam, on a rencontré Louis, notre coach, 20 ans de backpack derrière ses cheveux longs. Il m’a dit un jour: ne sois pas nostalgique de la fin. C’est juste le début d’une nouvelle aventure. Ça m’a fait du bien.  De savoir que voyager ferait désormais partie de nous. Qu’on découvrait à peine notre route inexplorée.

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Photo: @jo_annietetreault

Vis magnifiquement. Rêve passionnément.

Tsé, la balance. Elle existe. Une balance différente pour tout le monde, mais une balance. Pour ma part, c’est que voyager devient un but, au centre de mes décisions. Que je sois capable de trouver mon bonheur dans ma vie moderne si je sais que tout ce que je fais ou presque m’amènera sur ma route inexplorée.  

Voyager te fait devenir un humain plus profond, plus spirituel. Il faut simplement que tu sois capable d’être cet humain ici et d’assumer que tu vivras dans un éternel état de remise en question. Ça fait partie de la game.

Je vais être honnête, des fois, je perds ma nouvelle moi, mais ce qui est beau c’est que j’en suis consciente. Je refocus sur ma balance, start ma playlist voyage, me mets à écrire et repars dans mon high d’aventures.

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Comment fais-tu pour survivre à ton retour de voyage? Quels sont tes trucs pour calmer ton «wanderlust»?

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Exploratrice du monde, je suis accro au mode de vie nomade. Passionnée des cultures, du surf et des aventures, voyager fait partie de mon ADN. C'est l'équilibre entre mon travail dans le monde de la publicité et mon âme de bohème.

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