Comment voyager en bateau-stop sans expérience en navigation

Comment voyager en bateau-stop sans expérience en navigation

Faire du pouce en voilier? Y a-t-il des secrets pour voyager sur les mers et les océans? C’est intriguant quand tu rencontres quelqu’un au Maroc qui te dit : «Je suis arrivé au Maroc par hasard, je suis parti de la France en bateau-stop. Après trois voiliers et quelques pays, j’ai atterri ici.» C’est ce que Sylvain, blogueur-voyageur de Suisse Moi a fait, il a quitté la France en voilier jusqu’en Sardaigne, puis Barcelone, Gruissan, l’Algérie et le Maroc jusqu’à Agadir en six semaines (et il n’avait pas du tout d’expérience avec les bateaux).

Pas envie de lire? Écoute le podcast de l’entrevue :

Comment as-tu fait pour faire du bateau-stop de la France au Maroc?

Foulard - Portrait de nomade Sylvain Nicolier - Suisse Moi - Nomad Junkies

Photo : Sylvain Nicolier – Suisse Moi

«Pour commencer, il faut être flexible, je n’avais pas à la base prévu un itinéraire précis et une date d’arrivée au jour près. Le voilier, c’est complètement aléatoire, au gré du vent, alors c’est difficile de se fixer des moments de départ et d’arrivée prédéterminés.

Je suis allé sur les sites Web suivants pour ceux qui cherchent des équipiers :

Je me suis créé gratuitement un profil et j’ai expliqué ce que je voulais faire, que j’avais du temps à ma disposition, que je n’avais aucune expérience sur les bateaux, mais que j’aimerais apprendre les bases de la navigation. J’ai répondu à pas mal d’annonces et des gens ont aussi consulté mon profil et m’ont proposé des choses.

Il faut faire vraiment attention, car j’ai failli me faire arnaquer. Afin d’éviter les arnaques, il ne faut jamais envoyer d’acompte, si demandé. À la limite, sur le bateau, les gens peuvent demander une participation financière de 10 à 30 euros (environ 15 à 45 $ CAD) par jour ou simplement de partager les coûts pour la nourriture ou encore mieux: gratuitement

Aperçu de l’aventure : Suisse moi en mer – Voilier en Méditerranée et en Atlantique

Qu’est-ce que tu as le plus aimé?

«Ma première nuit sur le bateau tout seul à barrer. Au début, j’étais sur un petit voilier de 10 mètres, on n’avait quasiment pas d’équipements électroniques et très peu d’électricité. Tu es seul sur la mer dans un tout p’tit bateau à admirer un ciel étoilé, des dauphins se sont même joints à moi. C’était juste magnifique comme expérience.»

Qu’est-ce que tu as le moins aimé?

«Sur les voiliers, ça secoue en permanence, mais vraiment en permanence! Cuisiner quand ça secoue dans tous les sens… Parfois, tu as un peu le mal de mer… Ça secoue quand tu dors, ça secoue quand tu n’es pas bien. Ça, c’était difficile.

Aussi, le fait d’être dans un très petit espace, il faut savoir que sur un bateau, on va être dans l’équivalent d’une petite pièce; c’est très confiné. J’ai l’habitude de bouger et de faire du sport, mais ça, ce n’est pas possible. Je pensais qu’on allait s’arrêter pour nager, ça n’a pas été vraiment possible, pour moi ça a été assez continu.»

Quels conseils tu donnerais à ceux qui aimeraient faire la même chose?

«Franchement, foncer! Il faut essayer, voir si ça vous plait. Pour moi, j’avais envie de tester un peu, voir si faire du voilier ça pouvait être un nouvel espace de liberté. Et il y a pas mal de marins qui disent que la mer, c’est le dernier espace de liberté qui existe. Il y a peu de règles… c’est tellement vaste, c’est tellement sauvage, c’est vraiment un endroit de liberté.

Après, ça implique beaucoup de concessions et il faut faire vraiment avec les éléments : le vent, les marées, les vagues, la houle.

Je vous conseille de trouver des gens qui sont expérimentés, si vous n’en n’avez pas, parce que c’est clair que ça peut être dangereux. Il faut s’assurer que les gens ont les compétences pour le faire.

Il faut vous donner aussi suffisamment de temps pour trouver quelqu’un, pour arriver à destination sans être stressé. Je crois qu’il faut pouvoir se déconnecter et c’est un autre rythme. On va à deux, trois, quatre, cinq kilomètres-heure, donc on a vraiment le temps de voir le paysage se dérouler. Et voilà, c’est de retrouver un mode de transport et de vie qui est beaucoup plus lent et en accord avec le soleil et les éléments.»

Ne manque rien des péripéties de Sylvain, fondateur de SUISSEMOI.com, un blogue vidéo participatif, entre une web-série interactive et des reportages participatifs, qui permet de voyager et d’influencer l’aventure en soumettant itinéraires, défis, rencontres et activités à réaliser

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Emilie Robichaud

Co-fondatrice et rédactrice at Nomad Junkies
Je suis accro au mode de vie nomade ! Depuis plus de 4 ans, j’ai quitté ma zone de confort pour voyager à temps plein. Mon tour du monde sans fin compte plus de 53 pays et ça continue! Le voyage, c'est un style de vie et un état d'esprit! Joins-toi aux accros sur Facebook, Twitter et Instagram

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9 Comments

  1. amandine@unsacsurledos
    June 06, 01:40 Reply
    Très chouette expérience. Je suis moi-même adepte du système de bourse d'équipier, mais je n'ai encore jamais tenté le bateau stop (ça viendra un jour ! ;) ). Lorsque j'ai écris sur ce sujet, il y a eu beaucoup de polémique sur les deux points sensibles de ce genre de système : - la sécurité : on ne sait pas sur qui on va tomber, arnaques possibles, mauvaise entente ... - la monétisation : demander une participation à la caisse de bord c'est une chose, faire payer une sorte de location de cabine, c'en est une autre. Personnellement, j'ai déjà fait les deux (pour des prix raisonnables en comparaison avec le budget de vacances "classiques"). Pour en lire plus : http://www.unsacsurledos.com/voyager-autrement-equipier-sur-un-voilier/ Comme tu le dis Sylvain, il ne faut pas s'en tenir à un horaire trop stricte. Nous avons ainsi du écourter l'un de nos séjours, car une tempête arrivait, nous avons tracé jusqu'à la côte pour nous mettre à l'abris et avons ainsi pris deux jours d'avance sur le programme ... mais ça aurait très bien pu être deux jours dans l'autre sens. Pour ce qui est des notions de voile, chaque annonce précise le niveau attendu chez l'équipier, parfois aucun, parfois une expérience est nécessaire (particulièrement pour les traversées de l'Atlantique ... ce qu'on peut comprendre !). Et puis, c'est une belle manière d’acquérir de l'expérience ;) Pour le moment je n'ai utilisé ce système que pour l'Europe, mais ça me plairait bien de le tester dans les Caraïbes ! ^^
    • nicolier
      June 07, 03:06
      La plaid grande difficulté selon moi est de partir avec un inconnu dans un espace confiné, faut juste espèrer qu' on va bien s entendre... Bien se renseigner sur le fonctionnent, je ne suis retrouvé une fois avec un gars qui fumais 6 paquets de clope par jour dans la cabine ou je dormais... Voilà un lien du bateau avec lequel je suis arrivé au Maroc, je vous le recommande vivement, pas de mauvaise surprise chartervoileamaya.com
  2. gerard sirot
    July 26, 00:38 Reply
    A bord d'un voilier confortable, je propose un embarquement avec participation aux frais (partage taxes portuaires et nourriture). De Las Palmas vers Cap-Vert puis... me contacter par Skype: gerard.sirot.yacht
  3. Jul&Gaux (SerialHikers)
    March 26, 06:33 Reply
    Ca doit vraiment être de superbes expériences si on est pas trop malade! C'est le cap juste après quand on est déjà voyageur en autostop, le graal :) C'est ce qu'on envisage de faire pour attendre l'Australie sans avion et en autostop, notre challenge du moment. On connaissait seulement le site FindaCrew, alors on va jeter un coup d’œil sur les 2 autres que vous proposez! Quelqu'un connaitrait-il les différences entre ses sites? A+++ les nomades

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