C’est quoi être sédentaire quand t’es nomade dans l’âme?

C’est quoi être sédentaire quand t’es nomade dans l’âme?

Depuis que je suis revenue de l’Asie, j’habite dans ma ville natale, Montréal. Mon besoin d’être nomade, de ne vivre que d’aventures, m’habite plus que jamais depuis ce moment-là. Bon, je sais que j’ai des choses à accomplir et à apprendre ici. Mon domaine d’études me passionne, mon travail me pousse à devenir une meilleure personne et contribue à mon désir de vouloir changer le monde. Mais un petit oiseau hante mon esprit depuis trop longtemps en me disant que ce n’est juste pas assez, que j’ai besoin de plus, besoin d’un horizon plus large, plus vaste, plus toute.

Si tu es comme moi, malgré ce petit oiseau, tu vis ta vie ici, chez toi. Pis là, à un moment donné, t’en viens à manquer de motivation. Elle chute dramatiquement, et ce, pour tout. Pu de motivation pour ton travail que tu adores pourtant, pour l’école, pour tes passions… Jusqu’à temps que tu réalises que tu ne fais que rêver [littéralement-genre-à-toutes-les-nuits-no-joke] à (re)partir au loin.

L’appel du voyage est tellement, mais tellement fort que tout le reste autour de toi te semble fade. Alors, à ce moment-là, tu te mets à lire tout ce que tu trouves sur les nomades de ce monde, surtout sur des filles comme Frédérique et Érika (ne manque surtout pas sa conférence oh combien inspirante lors des NomadTALKS de mars 2017), qui te font rêver et t’ouvrent les yeux sur un million de possibilités qui te permettraient de repartir au plus vite pis de te trouver du boulot en chemin.

Quand ça m’est arrivé, je me suis posée la question : c’est quoi ça, être sédentaire, quand t’es nomade dans l’âme?

Rizière - Être sédentaire quand t'es nomade dans l'âme - Nomad Junkies

Photo : @nomadic_sarah

Sédentari-quoi?

Bon, c’est quoi ça c’t’affaire-là être sédentaire quand t’es nomade?

Ça peut être vu comme être «chez soi», mais tout en étant en attente d’un voyage. Ou encore, être chez soi pour de bon, parce qu’on a le courage de rester. Être sédentaire, quand t’es nomade dans l’âme, c’est vivre entre deux mondes, deux opposés. Vivre dans le monde où tu es physiquement et aller travailler, étudier, voir tes amis, ta famille, etc. Mais c’est aussi vivre dans l’attente du voyage, c’est de se nourrir à travers les blogues ou les photos des autres en attendant d’aller prendre l’avion. C’est de le planifier, de mettre des sous de côté, regarder les billets d’avion de dernière minute en espérant tomber sur un deal que tu ne pourrais pas refuser.

C’est vivre entre deux mondes, parce que quand t’es amoureux [du voyage], c’est déchirant d’être loin de lui.

Fille plage - Être sédentaire quand t'es nomade dans l'âme - Nomad Junkies

Photo : @nomadic_sarah

Être chez soi, c’est aussi ne rien vouloir laisser derrière quand on va partir. C’est vouloir partir libre et entier. C’est donc ne pas vouloir s’attacher, ne pas avoir à faire de promesse. C’est entretenir des relations [amoureuses, proche de l’être ou des amitiés], tout en sachant que, peut-être, ça finira… Est donc aussi présent une sorte d’éphémérité, concept qui nous plait ô combien en voyage… Argh.

Pour moi, le mode de vie sédentaire, c’est un effrayant synonyme de routine et de la notion de confort. Et cette notion-là, je la définis comme étant celle de se laisser porter par la vie sans la vivre. Genre. C’est de ne pas vouloir se pointer le bout du nez en dehors de ses habitudes de peur de… j’sais pas. De l’inconnu peut-être? De peur d’oser? Bref, c’est de ne saisir aucune occasion de sortir de ce confort-là.

Ma notion du confort : travailler pour une vie qu’on n’a pas le temps de vivre.

Beaucoup trop de gens se sacrifient pour des objectifs qui ne leur conviennent pas ou qui ne les rejoignent pas nécessairement. Don’t get me wrong, ce n’est pas parce que tu vis dans ton pays d’origine [ou ailleurs] et que tu vis dans un quotidien routinier dans lequel t’es heureux que t’es complètement désaxé. Ça veut juste dire que cela te convient et que tu [peux] vas chercher des trucs pour agrémenter ta vie dans d’autres sphères. Pour moi, le voyage permet d’aller au-delà de tout ça. D’avoir des buts qui ME conviennent. Être nomade, c’est donc être ce qui me convient.

Plage - Être sédentaire quand t'es nomade dans l'âme - Nomad Junkies

Photo : @nomadic_sarah

Fack là, quand t’es nomade dans l’âme, il se passe quoi?

Il se passe des moments éphémères. Parfois c’est horriblement dur de voir ce que tu vis se transformer aussi vite en souvenir, mais lorsque tu pars à l’aventure, c’est dû pour être comme ça. D’emblée, tu sais et tu acceptes que tout sera éphémère. Et c’est une des plus belles choses du voyage! Tu prends conscience de la beauté et de l’intensité de ces moments (par exemple, lorsque tu vis un amour de voyage), car il n’y a que ça à faire : se laisser aller au moment présent.

Il se passe que tu peux choisir ta réalité. À la maison, dans ta vie «normale», tout le monde recherche, en quelque sorte et généralement, une certaine stabilité. Mais la stabilité vient avec des responsabilités : il faut avoir une carrière, payer les comptes, trouver un partenaire de vie, avoir des enfants, un logis convenable… Ouf, j’suis étourdie. Je peux quand même comprendre ça, je sais que certains s’y plaisent et vont chercher le «plus» qu’il leur faut pour agrémenter leur vie ailleurs. Reste que je ne veux rien savoir de type de vie-là.

Pour moi, voyager, c’est pas fuir la réalité d’un quotidien stable. C’est choisir une réalité différente qui me convient [plus]. C’est de ne pas savoir de quoi va être fait demain, c’est de ne pas savoir qui je vais rencontrer, c’est d’être libre, libre de faire ce que je veux, c’est de choisir où je mets mes priorités… Wahoo! J’suis plus étourdie!

Mais il ne faut quand même pas se leurrer, je ne voyage pas pour faire « La la la, j’ai pas de responsabilités», «Toubi-dou-bi-dou, je vis dans un monde de Pokémons où peu importe ce que je fais, il n’y aura pas de répercussions». C’est juste que la vie stable et routinière métro-boulot-dodo-factures-garderie-tralala ne m’intéresse pas. Point. (J’pense que t’avais compris eh!)

Ma stabilité à moi, c’est d’avoir une vie dénuée de stabilité; une vie de voyages.

Il se passe… l’aventure. On n’accepte jamais autant ce qui se passe autour de nous que lorsqu’on est en voyage. Que ce soit de longs transports, des bad lucks, des nuits passés dans un lit-hyper-pas-confo ou d’autres choses qui sont susceptibles de nous faire rager en temps normal, on se dit qu’ils font partie intrinsèque de l’aventure et que notre voyage ne serait tellement pas le même sans tout ça. À la maison, pourtant, on aurait chialé.

Saut - Être sédentaire quand t'es nomade dans l'âme - Nomad Junkies

Photo : @nomadic_sarah

Ces moments qui nous rendent vivants : partout et tout le temps.

Dans le fond, là, peu importe que tu préfères la vie de nomade ou de sédentaire, je crois qu’on devrait tout simplement toujours vivre le moment présent. Tsé, des fois, en voyage, tu fais quelque chose qui pourrait être super dangereux, mais t’es tellement heureux que tu t’en foutrais de crever (j’pousse un peu, mais j’pense que tu comprends).

Ce qu’on vit transcende tout le reste. Ce qu’on vit nous fait vivre le moment présent à une intensité telle. Ben, à mon avis, on devrait vivre comme ça peu importe où on est dans le monde. On devrait se créer soi-même (et saisir) des opportunités, des moments qui nous rendent vivant. On devrait transformer tous les moments qu’on vit en moments intenses, en moments de voyage. N’est-ce pas l’essentiel?

La réponse à ma question

Attends, je me posais vraiment cette question-là tantôt : «C’est quoi ça, être sédentaire quand t’es nomade dans l’âme»? Je pense que je viens d’y répondre et que la réponse se trouve dans la question. Être nomade, c’est l’être dans l’âme, dans le plus profond de tes tripes. C’est l’être à un point tel que à la seule pensée d’un quotidien stable dénué d’aventures outre-mer (ou outre-ton-habituel, si tu préfères) te fout les jetons et te fait courir plus vite que Forrest Gump.

Le voyage me permet d’avoir des buts qui ME conviennent. D’avoir une vie qui ME convient. Être nomade est donc ce qui ME convient. Et quand t’es sédentaire pour un certain temps, il faut juste garder en tête la prochaine aventure qui s’en vient comme un moteur qui nous fait avancer, pas à pas.

Suis-je la seule à être dans cette situation, à vivre ça? Comment est-ce que tu vis ce besoin de voyager?

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Sarah Cohen

Ambassadrice-Rédactrice at Nomad Junkies
Je veux découvrir le monde parce que je suis accro au mode de vie nomade ! Passionnée de plongée sous-marine et de danse, j'ai un "let's get lost" tatoué dans le front. Joins-toi aux Nomad Junkies sur Facebook, Twitter et Instagram

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4 Comments

  1. Sissi
    November 02, 10:14 Reply
    A moi il manque le déclic... envie de çà... par contre envie de découvrir pa moi même ça me fout trop le boules de voir que les autres osent ce que je moi je veux faire et n'y arrive pas... jamais partie seule sans objectif sans but juste pour le plaisir...
  2. Corbeau
    March 24, 05:29 Reply
    Sarah, je te comprends. Déjà concernant la responsabilité, saches que les gens irresponsables n'ont pas la capacité d'être nomade ;) Tu as déjà de la chance d'aimer ton travail et tes études. Moi j'ai réalisé que ma vie n'était pas en phase avec moi même. D'une part, elle n'était pas éthique. travailler pour des entreprises qui exploitent les enfants ou la pauvreté, payer des impots dans un pays qui finance le nucléaire et l'armement, bref, déjà tout ça à ajouter au fait que je suis une nomade dans l'âme, ça fait beaucoup. Alors ça fait quand même 4 ans que je fais tout pour partir et c'est pas évident... car il a fallut quitter le travail, vendre la maison qui prend un temps fou et entre temps payer crédit etc, pendant ce processus de départ, être à découvert au début du mois, manger des haricots un mois entier, refaire tous les travaux seule avec seule motivation, ma liberté... Donc oui il faut être courageux et responsable quand on est nomade... Personnellement, je pense qu'une vie ne suffirait pas pour me connaitre et connaitre cette planète... Pourtant j'ai été réfugiée, entre des années de guerre, quitter un pays, m'adapter à un autre, déménager plein de fois, on pense qu'on a juste envie de 4 murs de briques qui nous appartient où on se sent en sécurité.. mais non ! Rien n'est stable, tu peux tout perdre à chaque instant, alors oublies tout ce que la "société" t'impose et demandes toi ce qui te donne la sensation d'être vivante et suis ton instinct... car c'est la clé du bonheur, être en phase avec toi même...
  3. Sarah
    March 24, 05:46 Reply
    Ce qui me vient à l'esprit c'est la notion de "complémentarité". Parce que je vivais aussi cette non volonté de travailler pour un système, un pays, etc. qui ne me conviennent pas dans leurs valeurs. En même temps, sans avoir jamais expérimenté cela (ce système) je n'aurais pas pu percevoir ce que je voulais. Bref, en l'occurence je pense que de "rejeter" complètement ce système n'est pas idéal, mais accepter la réalité de ces deux "mondes" et accepter de "collaborer" (puisqu'en voyageant en avion, en amenant notre argent ailleurs => pour des pays qui financent et acceptent bien d'autres choses comme la corruption par ex) permet de mieux "vivre". Tout est dualité et la meilleure façon d'être nomade dans l'âme, je pense, c'est d'accepter ces deux "parties" et de répondre avec conscience à chacune des proposition faites par ces deux parties selon nos objectifs, nos compromis, notre vision et nos besoins psychiques et physiologiques. J'ai été nomade durant un an et je suis grande voyageuse, après avoir été 20 ans dans un mode de fonctionnement qui ne me convenait pas. Aujourd'hui j'apprends à surfer sur cette dualité.

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