Lettre à moi-même : ce que j’aurais aimé savoir avant le grand départ

Lettre à moi-même : ce que j’aurais aimé savoir avant le grand départ

Depuis quelque temps, on reçoit beaucoup de messages pour nous demander des conseils… que ce soit par rapport à quelle assurance voyage prendre, partir ou rester, où aller et à quel moment de l’année y aller… On essaye d’y répondre au meilleur de nos connaissances, puisqu’évidemment, la réponse parfaite n’existe pas.

Dernièrement, je suis tombée sur le billet 12 Things I’d Tell A New Traveller de Nomadic Matt qui m’a replongée dans l’état d’esprit de mon premier voyage solo.

En fait, je pourrais même aller plus loin et partir de mon premier voyage en backpack. Pour célébrer la fin de l’université, on s’était fait la promesse avec des copines qu’on irait faire le tour des îles grecques: le paradis de Santorini, les ruines d’Athènes, le party scene de Mykonos… 

C’est drôle, parce que si j’avais à refaire ce voyage, presque 10 ans plus tard… ce serait totalement différent! Tous les apprentissages que j’ai faits au cours de mes voyages, les erreurs que j’ai commises et qui m’ont fait grandir, les personnes que j’ai rencontrées qui m’ont ouvert l’esprit, les difficultés que j’ai surmontées qui ont forgé mon caractère…

Je me suis donc inspirée de son texte pour te faire part des 12 commandements que je partagerais à moi-même si je pouvais retourner dans le temps.

D’ailleurs, je veux mettre de l’accent sur le fait que je n’ai AUCUN REGRET sur le déroulement de mes aventures passées! Tout ce qui est arrivé est arrivé pour une raison. Maintenant, avec un peu de recul, je peux prendre le temps de m’analyser et conseiller d’autres voyageurs qui en sont à leur toute première expérience.

Mes 12 commandements de nomade

1- N’aie pas peur de l’inconnu

J’ai déjà parlé de comment il faut apprendre à se lâcher lousse en voyage… Dans la vie, j’essaye de faire chaque jour quelque chose qui me fait peur ou qui me fait sortir de ma zone de confort. Le rush d’adrénaline que tu ressens quand tu fais quelque chose hors de l’ordinaire ou de ton petit quotidien est tellement puissant!

Il va arriver des fois où tu comprendras rien du menu ou encore mieux, où tu ne sauras pas où le bus t’emmène et tu vas te sentir vraiment moumoune… Oui, c’est terrifiant, mais dis-toi que t’es pas le premier voyageur à avoir ce feeling-là!

Pour vrai, si ma mère est capable de voyager toute seule en Espagne, tu dois être capable toi aussi (no offense mom hahaha)!

2- Ton guide de voyage est justement ça… un guide

Parle aux gens de la place, lis des blogues (j’en connais justement un qui est trop fort! wink wink), pose des questions aux autres voyageurs

Quand j’étais à New York avec des amis, on se promenait dans la petite Italie et on voulait goûter à une vraie de vraie pizza New York style. Pendant qu’on était dans une shop de vélo pas mal hipster, on a demandé au gars SA place de pizz préférée. No joke, c’est de loin la meilleure pizza que j’ai mangée!

En Grèce, j’avais pas un, mais DEUX guides de voyage! C’est que ça fait lourd à trainer tout ça… J’étais constamment plongée le nez dans mes livres et j’étais l’amie gossante qui disait tout le temps «Savez-vous que… [régurgite de ce qui est écrit dans le guide]» ou «Faut pas manquer cet endroit, [parce que c’est écrit dans le guide]».

En plus, le hic avec les guide de voyage, c’est qu’ils sont pas toujours si actuels que ça… Malgré que si je devais en choisir absolument, j’opterais pour les guides Lonely Planet ou la version bien de chez nous, les Guides Ulysses.

3- Prends ton temps

Ouin… facile à dire pour moi qui vagabonde depuis les 15 derniers mois alors que le reste du monde normal en arrache avec les 2-3 semaines de vacances qu’on a au Québec. Mais, est-ce que tu ressors vraiment gagnant d’un voyage de 21 jours en Europe où tu as visité 15 villes et coché 70 éléments de ta bucket list?

En voulant trop faire ou trop voir en si peu de temps, on finit par ne rien voir parce qu’on est soit épuisé ou on devient blasé. Nos seuls souvenirs sont nos photos puisqu’on a oublié de s’imprégner de la culture et de la vie de la place.

C’est correct de se perdre en scooter dans les routes montagneuses, de vouloir rester quelques nuits de plus dans son bungalow sur le bord de la plage en Thaïlande pour pouvoir profiter encore et encore de ce coucher de soleil époustouflant, de prendre un café tranquille en observant le bourdonnement de Paris, de s’asseoir sur les marches d’un temple pour absorber toute l’énergie zen qu’on peut… c’est aussi ça prendre son temps en voyageant.

4- Garde contact avec les gens que tu rencontres

Facebook, c’est pas juste pour te morfondre sur ta vie en regardant toutes les photos de mariages et de bébés qui affluent sur ton newsfeed… Comme la majorité des gens qui voyagent ont un téléphone intelligent et qu’il y a du Wi-Fi pratiquement partout, il n’y a pas d’excuses pour ne pas rester en contact!

Justement, c’est de cette façon que j’ai pu sillonner les routes de la Slovénie (dont je ne connaissais d’ailleurs pas l’existence avant de rencontrer un Slovénien). Le gars travaillait dans une auberge de jeunesse à Lisbonne, au Portugal, et moi je le trouvais pas mal cute. Un soir, après le pub crawl, la cruise switch bien à ON, je parle un peu avec et on s’ajoute sur Facebook. On continue de se parler pendant les semaines qui suivent jusqu’à temps qu’il se rende compte que j’allais passer pas mal proche de chez lui dans mon itinéraire et que, justement, il allait y être à ce moment-là!

Tu vas vite t’apercevoir que tes amis de voyage vont devenir ton carnet d’adresses autour du monde.

À lire aussi: Amitiés instantanées : le paradoxe du voyage

5- Relaxe avec tout ton équipement

Pour vrai, quand tu voyages avec ta vie sur ton dos, la dernière chose que tu veux c’est que ça pèse 1000 tonnes! T’as déjà l’air d’une tortue avec ta carapace sur le dos et ton day pack en avant, faudrait surtout pas que t’aies l’air d’un arbre de Noël en plus de ça avec tout ton équipement clippé sur ton sac.

Le mot d’ordre : voyage léger! On t’a même fourni quelques conseils dans notre dernière collaboration sur le blogue de Jennifer Moi, mes souliers.

Un autre de mes trucs est que j’essaye d’apporter avec moi des vêtements en fin de vie que ça me dérange pas de perdre, de trouer ou de tacher. De cette façon, la magasineuse en moi peut acheter, acheter et acheter! MAIS UNE RÈGLE!! Pour chaque morceau acheté, je me départis d’un morceau…

6- Téléphone. Intelligent.

Je ne connais pas tant de voyageurs qui n’ont pas de téléphone intelligent (ou même un iPod touch/iPad/Tablette), mais pour les besoins de la cause, je vais te dire pourquoi mon téléphone est essentiel pour moi.

Mon iPhone, il me sert de GPS, de caméra, de carnet de notes, d’outil de travail pour la gestion des médias sociaux de Nomad Junkies et je l’utilise même pour apprendre l’allemand. Bref, je suis une des ces personnes qui se sent nue quand je l’oublie.

D’ailleurs, j’ai passé la première année à l’étranger sans qu’il soit débloqué, donc à vivre uniquement du Wi-Fi… Mais je ne pouvais quand même pas m’en passer ! Maintenant, je l’ai fait débloquer, donc je l’utilise en tout temps. Je recommande fortement les services de Unlock Base, que j’ai déniché grâce à l’endossement du gourou des blogues voyage anglophones, nul autre que Nomadic Matt. (P.S. Utilise le code NOMADJUNKIE pour obtenir 10 % de rabais).

7- Go with the flow (pour vrai, je pense pas que j’ai besoin de traduire ça! On se comprend, right?)

Eh boy que je l’ai appris rapidement, ça! Quand tout est planifié à la seconde près, au moindre petit détail… ben ça laisse pas beaucoup de place à l’improvisation. J’ai eu ma leçon en Grèce quand j’avais tout notre itinéraire d’organisé.

First, je me suis rendu compte que de passer d’une île à l’autre c’est pas aussi simple que je le pensais (malgré tout ce que j’ai lu dans mes guides de voyage… voir point #2). Donc, je me ramassais avec des hôtels déjà bookés à des endroits que je ne pouvais pas atteindre à temps.

Autre erreur, on s’est réveillés trop tard un matin en Crête pour prendre l’autobus qui allait à la Gorge de Samaria (la SEULE raison pourquoi on est allé en Crête!) et comme tout était réservé d’avance pour les semaines suivantes, ben on pouvait pas rester une journée de plus au risque de tout décaler notre itinéraire.

Résultat de tout ça, quand je suis allée en Australie, je n’ai RIEN réservé d’avance. Quand je suis arrivée à l’aéroport, je suis allée au comptoir d’information où il y a un gros panneau avec toutes les auberges de jeunesses de Sydney, j’ai spotté celle qui faisait le transport gratuit de l’aéroport et j’ai décroché le téléphone qui était là… BAM! C’était réglé!

Tellement moins de stress! Et comme je dis toujours, tout arrive pour une raison… laisse la vie faire son chemin.

8- Fais-toi une petite réserve d’argent supplémentaire

On t’a déjà montré comment explorer le monde pour moins de 1000 $/mois et fourni une liste de 13 pays à visiter pour moins de 35$/jour.

Peu importe la planification budgétaire de génie que tu as faite, il va arriver un moment où tu vas te dire YOLO :

Hey, j’suis sur un voilier en plein milieu de la Grande Barrière de corail en Australie et j’ai juste trop de le goût de faire de la plongée!

Ben elle va avoir servi à ça, ta p’tite réserve de cash!

T’es pas obligé d’être tout le temps frugal, mais c’est sûr qu’après, ça te permet de te faire des petites gâteries, parce que tu le mérites bien. Je peux dire que je l’ai apprécié quand j’me suis payé des leçons de surf privées à Montañita… mettons que le prof était pas mal hot aussi hahaha!

9- Ne sois pas si gêné

S’il y a bien une chose que je trouve difficile quand je voyage en solo, c’est d’approcher des inconnus. Selon certains, j’ai une bitchy resting face (pour ceux qui sont pas trop familiers avec l’anglais, ben ça veut juste dire que j’ai un air bête en permanence hahaha)… Donc, à les croire, je devrais me forcer encore plus pour avoir l’air sympathique!

Blague à part, dès la minute où tu entres dans un dortoir d’auberge de jeunesse, t’es dans le même bateau que 99 % des gens qui partagent ta chambre. Le but ultime, c’est de se faire des amis pis s’amuser à découvrir le monde ensemble!

Mon truc qui marche à tout coup, dès que j’entre dans le dortoir ou même dans la pièce commune, je dis tout de suite :

Salut, moi c’est Safia! C’est quoi ton nom? Tu viens d’où? Tu restes combien de temps? C’est quoi tes plans aujourd’hui/ce soir?

Easy! Donne-toi juste un petit coup de pied au derrière pour le faire et après tu me remercieras.

À lire aussi : 8 trucs pour rencontrer du monde quand tu voyages seul

10- Sois aventureux

Et je dis bien aventureux… pas naïf! Crois-moi, j’ai ma dose d’histoires de p’tite fille naïve, genre moi qui monte dans le pick-up de deux inconnus rencontrés par hasard dans la rue à Maui (mais, par chance, c’est une histoire qui finit «bien»).

Ce que je veux dire c’est «Allez, fais-le!». Check mon amie Fannie qui m’a déjà dit: «Tsé, moi, l’eau pis les hauteurs c’est VRAIMENT pas mon truc, mais je vais y aller avec toi faire du canyoning au Vietnam». Next thing I know, elle est en train de sauter de la falaise de sept mètres!!!! Au bout du compte, elle a vécu une aventure extraordinaire parce qu’elle a su repousser ses limites.

Je peux pas plus insister là-dessus: il faut prendre des risques dans la vie… Moi, mon challenge quand je suis partie solo en Europe, c’était de parler à des inconnus. Pour vrai, le small talk et les présentations, j’haïs ça! D’habitude, ce sont mes amis qui vont au front et qui nous trouvent des nouveaux buddies pour faire la fête. Sauf que dans ce cas-là, je me devais d’être aventureuse si je ne voulais pas me ramasser seule dans mon dortoir à faire dodo à 20 h…

OK, y’a peut-être des activités que j’ai moins aimées ou du monde qui m’ont tapé sur les nerfs, mais comme je le disais au début : je n’ai aucun regret!

11- Tu n’es pas coincé quelque part

Du moment où tu arrêtes d’avoir du plaisir à faire ce que tu fais, c’est le temps de rentrer à la maison et de te ressourcer. D’ailleurs, c’est un point qui est super important pour moi. Tsé, tu payes quand même beaucoup pour vivre cette expérience de voyage, donc pourquoi te «faire chier»?

  • Tu vas dans une ville que t’aimes pas… prends le prochain bus et décolle!
  • Ton nouveau groupe de travel buddies est parti sur une grosse dérape et t’es pas dans ce mood-là… Prends un break, dis-leur que vous vous rejoindrez peut-être à la prochaine ville.
  • Ça fait deux ans que tu es sur la route et tu vendrais ton premier enfant pour une poutine de La Banquise… ben rappelle toi qu’il y a toujours un moyen pour te ramener chez toi!

Tu es seulement à un billet d’avion de rentrer chez toi quand tu le désireras!

Ça se peut aussi que tu te rendes compte que finalement, le voyage c’est pas pour toi… c’est correct! Personne est là pour te juger! Tu sais, le move le plus difficile était de partir! Tu as eu le courage de le faire et tu as essayé, c’est ce qui importe le plus!

12- Rappelle-toi que tu n’es pas seul

Quand je suis partie en Australie, je me souviens d’avoir shaké mes amies le soir de mon départ en leur disant:

«Girls! À quoi vous avez pensé de me laisser partir toute seule???»

C’était la panique, la grosse panique, parce que j’avais peur de l’inconnu. Qu’est-ce que j’ai appris dans tout ça une fois que je suis débarquée à Sydney? Ben que y’a comme 100 000 personnes dans la même situation que moi.. on n’est jamais tout seul.

Tu te rends compte que ton plus gros risque est de ne pas prendre de risques. J’ai passé trois mois en backpack en Europe et je peux te confirmer que si je voulais être toute seule, je devais volontairement faire un effort pour me retirer de la société et faire mon antisociable. C’est simple, un des gros high pour moi dans le fait de voyager, c’est de rencontrer de nouvelles personnes!

Ne manque surtout pas : 5 bonnes raisons de parler aux inconnus

Et toi, qu’ajouterais-tu à cette liste? Qu’aurais-tu aimé savoir avant le jour J?

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Safia Dodard

Co-fondatrice et rédactrice at Nomad Junkies
Je voyage parce que je suis accro au mode de vie nomade . J'ai quitté mon emploi en agence de pub pour explorer le monde, d'abord en backpack et maintenant avec le cirque. Rejoins notre communauté de nomades sur Facebook, Twitter et Instagram.

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3 Comments

  1. Christine
    July 29, 06:59 Reply
    Super billet Safia! J'adore voyagé, mais je suis timide. En voyage, j'ai surtout peur de me retrouver toute seule (pas d'ami). Mais comme tu l'écris, il y a plein d'autres voyageurs dans la même situation; qui voyagent seuls et qui recherchent de la compagnie. J'ai une sage copine qui m'a déjà dit: "peut importe où tu vas dans le monde, tu finis toujours par retrouver tes semblables".
    • Safia Dodard
      July 29, 13:34
      Merci!! si seulement tu savais... Moi aussi je me considère comme une personne timide, surtout pour faire les premiers pas! Mais c'est en me mettant dans des situations où je n'ai pas le choix d'approcher les gens que j'arrive à vaincre cette timidité (qui d'ailleurs disparait très rapidement une fois le contact établi). Bonne chance dans tes aventures et écoute les sages conseils de ton amie :D
  2. Louky
    March 27, 12:16 Reply
    1000% d'accord avec toi beau billet J'avais fais un peu de voyage sac a dos et pouce dans ma jeune vie il y à plus de trente ans .. Puis je me suis enfargée les pieds au qc lors d'un voyage et la suite habituelle tu te pose tu travailles ( ok belle job dans une aj en été et guide de traîneaux à chiens en hiver ) puis tu rencontre quelqu'un et la tu fais une vie ordinaire pendant presque vingt ans pour te réveiller à l'aube de la 50 aîné avec plus rien l'ex parti avec une autre gardant la maison et ton élevage de chien et là tu te souviens que tu aimais ça voyager que tu avais entamer un tour du monde et qu'il était peut être temps de reprendre un sac à dos Mais en mode peinard... Pour moi non plus pas question. De courrier de point d'intérêt point t d'intérêt de toute façon je prends même pas de guide et je me fie sur ce que les gens rencontrer en aj veulent Bien Me raconter même que je préfère juste une ballade dans la campagne ou personne ne va que certain endroit trop plein de monde comme chez nous... Bref je me suis reconnue dans pas mal de loi t de ton billet moi qui voyage abec mes cheveux blancs et mon sac a dos dix mois sur douze depuis trois ans...

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